‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. Publié conformément au texte de l'édition des grands écrivains de la France. Des notices, analyses et notes philologiques et littérairesChapitre 5 sur 158 · Préface de Britannicus · texte numérisé non relu

Préface de Britannicus

2. Voltaire s'est acliarné à essayer de prouver que c'est au contraire Corneille qui a imité Calderon ; il semble aujourd'hui bien prouvé, ou du moins infiniment probable, qu Hd-aclius a précédé le drame de Calderon (dont la date est inconnue).

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secret à Léontine; elle reste iinpéuélrable et délie l'usurpa- -teur de pouvoir distinguer son fils de son eunenii.

La beauté particulière di; cette pièce méconnue, c'est que tous les- rôles sout attachants, même celui du tyran Phocas, dont le cœur se déchire, si dur qu'il soit, quand il voit ces deux jeunes gens, dont l'un est son fils, sans qu'il sache lequel, désavouer tous deux ce titre infâme à leurs yeux, se parer à l'envi du nom condamné d'Héraclius, et vouloir mourir fils de Maurice plutôt que vivre fils de Phocas. Héraclius est obscur sans doute, mais il mérite bien qu'on se fatigue à le comprendre.

Fort peu avant ou après la première représentation à'IIcraclius, le 22 janvier 1047, Corneille fut reçu à l'Académie française, en remplacement du poète Maynard. II avait échoué deux fois : on lui avait préféré d'abord un M. de Salomon, puis le poète tragique du Ryer; la troisième fois même, on lui eût préféré peut-être un nommé Ballesdens ; mais, ce Ballesdens s'étant retiré, Corneille fut reçu; Ballesdens perdit peu pour attendre; l'année suivante, il remplaça Malleville, ayant échappé au ridicule d'entrer à l'Académie avant l'auteur du Cid, d'Horace, de Cinna, de Pohjeucte, de Pompée, du Menteur, de Rodogune.

Les troubles de la Fronde interrompirent quelque temps les spectacles. En 1630, Corneille reparut à la scène avec Andromède, tragédie lyrique, ou opéra, dont d'Assoucy avait fait la musique, et Torelli les machines, qui furent fort admirées. Le livret seul est de Corneille, et, comme beaucoup de livrets, ce n'est pas un chef-d'œuvre : l'auteur luimême disait dans VAr (jument : « Cette pièce n'est que pour les yeux ».

Don Sanche d'Araçjun i, joué (16o0) presque en même temps {\\x' Andromède, est, dit Corneille, « un poème d'une espèce nouvelle ». Les personnages sont d'un rang illustre; mais leurs aventures, sans être ridicules, n'offrent rien de

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