ACTE II, SCÈNE II
Je découvrois en vous d'assez illustres marques *
Pour vous préférer même aux plus heureux monarques;
Mais puisque mon devoir m'imposoit d'autres lois, // De quelque amant pour moi que mon père eut fait choix,
Quand à ce grand pouvoir que la valeur vous donne / / Vïîus^uriez ajouté l'éclat d'une couronne,
'Quand je vous aurois vu, quand je l'aurois haï, 475
J'en aurois soupiré, mais j'aurois obéi, ^ ,,Et sur mes passions ma raison souveraine ~ 'Eût blâmé mes soupirs et dissipé ma haine.
SÉVÈRE
Que vous êtes heureuse, et qu'un peu de soupirs Fait un aisé remède à tous vos déplaisirs 21 480
Ainsi de vos désirs toujours reine absolue. Les plus grands changements vous trouvent résolue ; Do la plus forte ardeur * vous portez vos esprits Jusqu'à l'indifférence et peut-être au mépris; Et voire fermeté fait succéder sans peine 485
La faveur au dédain, et l'amour à la haine *. "* Qu'un peu de votre humeur ou de votre vertu SoûTâgeroit les maux de ce cœur abattu !
1. Marques, signifie ici les qualités dislinctives qui tirent un homme da commun. Corneille l'emploie souvent ainsi :
Souvent un peu d'amour dans le cœur des monarques Accompagne assez bien leurs plus illustres marques.
iOt/ion, 926.)
Mais il fait trop souvent rimer ensemble marque et monarque. Voltaire le lui a reproché. (Voy. Ilodogune, 411 et 920.)