Var. La faveur au mépris et l'amour à la haine
104 POLYETJCTE
Un soupir, une larme à regret épandue
M'auroit déjà guéri de vous avoir perdue ; 490
Ma raison pourroit tout sur l'amour affoibli,
Et de l'indifférence iroit jusqu'à l'oubli;
Et mon feu désormais se réglant sur le vôtre,
Je me tiendrois heureux entre les bras d'une autre '.
0 trop aimable objet ^, qui m'avez trop charmé, 49o Est-ce là comme on aime, et m'avez-vous aimé?
PAULINE
Je vous l'ai trop fait voir, Seigneur; et si mon âme ^ Pouvoit bien étouffer les restes de sa flamme, Dieux, que j'éviterois de rigoureux tourments! Ma raison, il est vrai, dompte mes sentiments *; 500 Mais quelque autorité que sur eux elle ait prise, Elle n'y règne pas, elle les tyrannise ;
1. Var. D'xin autre dans toutes les éditions de 1643 à 1660. Cet emploi du masculin indéfini quand le sens demande le féminin, se trouve souvent dans les premières éditions de Corneille. Voyez Mélite, variante du vers 1425; Clitandre, vers 1387, etc., et même oi-dessus, vers 462.
2. Objet désigne la personne aimée dans le langage poétique au xvii= siècle. Les poètes abusaient du mot : il est partout dans Corneille; il s'applique même aux hommes, quoique plus rarement. (Voy. ci-dessous, v. 571.)