ACTE II, SCÈNE II
C'est le remède seul qui peut guérir nos maux.
SÉVÈRE
Je veux mourir des miens : aimez-en la mémoire.
PAULINE
Je veux guérir des miens : ils souilleroient ma gloire '.5oO
SÉVÈRE
Ah ! puisque votre gloire en prononce l'arrêt, Il faut que ma douleur cède à son intérêt.
-j ^Est-il rien que sur moi cette gloire n'obtienne ^?
, ^EUe me rend les soins que je dois à la mienne '.
Adieu : je vais chercher au milieu des combats 355
Cette immortalité que donne un beau trépas,
Et remplir dignement, par une mort pompeuse,
De mes premiers exploits l'attente avantageuse,
Si toutefois, après ce coup mortel du sort.
J'ai de la vie assez pour chercher une mort. 360
PAULINE
Et moi, dont votre vue augmente le supplice, Je l'éviterai même en votre sacrifice *;
1. Dans la langue de la tragédie au xvii' siècle, le mot gloire dans] la bouche d'une femme désigne sa réputation. \
L'Infante dit à sa conûdente :
Mais je n'en veux point suivre (d'exemple) où ni'i. gloire s'engage; La surprise des sens n'abat poi^t mon courage.
2. Var D'un cœur comme le mien, qu'esl-se qu'elle n'obtienne?
Vous réveillez les soins que je dois k la mienne.
(1643-1656.) Il n'est rien que sur moi cette gloire n'obtienne.
.3. Vers un peu obscur. Mais la variante qui est ci-dessus en explique le sens.
Vous réveillez les soins que je dois à la mienne.
•i. Var. Je la veux éviter, mesmes au sacrifice.
Vaugelas dit dans ses Remarques : i' Même et mêmes, tdverhe. Tous
Et seule clans ma chambre enfermant mes regrets, Je vais pour vous aux Dieux faire des vœux secrets.
SÉVKRE
Puisse le juste ciel, content de ma ruine, S65
Combler d'heur et de jours Polyeucte et Pauline ' !
PAULINE
Puisse trouver Sévère, après tant de ma]hGui> Une félicité digne de sa valeur!
SÉVÈRE
Il la trouvoit en vous.
PAULINE
Je dépendois d'un père.
SÉVÈRE
0 devoir qui me perd et qui me désespère ^l 570
Adieu, trop vertueux objet, et trop charmant.
PAULINE
Adieu, trop malheureux et trop parfait amant.