ACTE II, SCÈNE VI M
NÉARQUE
Je tiens leur culte impie.
POLYEICTE
Et je le tiens funeste.
NÉARQUE
Fuyez donc leurs autels.
POLYEUCVE
Je les veux renverser ', Et mourir dans leur temple, ou les y terrasser -.
Allons, mon cher Néarque, allons aux yeux des hommes Braver l'idolâtrie, et montrer qui nous sommes : C'est l'attente du ciel, il nous la l'aut remplir ; Je viens de le promettre, et je vais l'accomplir ^. Je rends grâces au Dieu que tu m'as fait connoître * • De cette occasion qu'il a sitôt fait naître *, 050
Où déjà sa bonté, prête à me couronner, Daigne éprouver la foi qu'il vient de me donner.
NÉARQUE
Ce zèle est trop ardent, souffrez qu'il se modère.
1. « c'est une tradition que tout l'Hàlel de Rambouillet et particulièrement l'évêque de Vence, Godeau, condamnèrent celte entreprise de Polyeucte. On disait que c'est un zèle imprudent, que plusieurs évèques et plusieurs synodes avaient expressément défendu ces attentats contre l'ordre et contre les lois; qu'on refusait même la communion aux chrétiens qui, par des témérités pareilles, axaient exposé l'Eglise aux persécutions. » (Voltaire.)