ACTE II, SCÈNE VI
Mes crimes, ea vivant *, me la poiirroient ôter.
Pourquoi mettre'au hasard ce que la mort assure? 665
Ouand elle ouvre le ciel, peut-elle sembler dure?
Je suis chrétien, Néarque, et le suis tout à l'ait;
f.a foi que j'ai reçue aspire à son effet.
Qui fuit croit lâchement, et n'a qu'une foi morte.
NÈARyUE
Ménagez votre vie, à Dieu même elle importe - : 670 Vivez pour protéger les chrétiens en ces lieux.
L'exemple de ma mort les fortifiera mieux.
NÉARQUE
Vous voulez donc mourir?
Vous aimez donc à vivre ^?
NÉARQUE
Je ne puis déguiser que j'ai peine à vous suivre : Sous l'horreur des tourments je crains de succomber.
Qui marche assurément n'a point peur de tomber : Dieu fait part, au besoin, de sa force infinie.
1. En vivant, c'est-à-dire si je vis. La syntaxe actuelle n'admet plus qu'on emploie ainsi le participe présent, sans qu'il se rapporte au sujet de la phrase, au contraire, le xvu" siècle emploie fréquemment ce tour, pourvu qu'il reste clair. Or il est ici certain que vivant ne peut se rapporter à crimes.