Vah. — Es-tu si las de vivre? — As-tu peur de mourir
(Le Cid , v. 440.;
Mb POLYEUGTE
Qui craint de le nier, dans son âme le nie : Il croit le pouvoir faire, et doute de sa foi i.
NÉARQUE
Qui n'appréhende rien présume trop de soi. 680
J'attends tout de sa grâce, et rien de ma foiblesse. Mais loin de me presser, il faut que je vous presse ! D'où vient cette froideur?
NÉARQUE
Dieu même a craint la mort.
Il s'est offert pourtant : suivons ce saint effort; Dressons-lui des autels sur des monceaux d'idoles. 685 Il faut (je me souviens encor de vos paroles ^) Négliger, pour lui plaire, et femme, et biens, et rang. Exposer pour sa gloire et verser tout son sang. Hélas! qu'avez- vous fait de cette amour parfaite ^ Que vous me souhaitiez, et que je vous souhaite? 690 S'il vous en reste encor, n'ètes-vous point jaloux Qu'à grand'peine chrétien, j'en montre plus que vous?
NÉARQUE
Vous sortez du baptême, et ce qui vous anime. C'est sa grâce qu'en vous n'affoiblit aucun crime; Comme encor tout entière ^, elle agit pleinement, 695
1. Qui craint de le nier (dans les tourments) le nie (déjà) dans son âme. Il croit le pouvoir faire, c'est-à-dire : il se croit capable de nier Dieu, et (par là) il doute de sa foi (en Dieu). Ces vers sont un peu serrés et obscurs, mais le sens en est certain, quoiqu'on les ait parfois mal compris.