POLYEUCTE, NÉARQUE
NÉARQUE Où pensez- VOUS aller ?
POLYEUCTE Au temple, où l'on m'appelle.
NÉARQUE
Quoi? vous mêler aux vœux d'une troupe infidèle ! Oubliez- vous déjà que vous êtes chrétien?
POLYEUCTE Vous par qui je le suis, vous en souvient- il bien? 640
NÉARQUE J'abhorre les faux Dieux.
Et moi, je les déteste.
NÉARQUE Je tiens leur culte impie.
POLYEUCTE Et je le tiens funeste.
NÉARQUE Fuyez donc leurs autels.
POLYEUCTE Je les veux renverser, | Et mourir dans leur temple, ou les y terrasser^.
1 Var. Et mourir dans leur temple, ou bien les en chasser. (1643-56.)
Allons, mon cher Néarque, allons aux yeux des hommes 645 Braver l'idolâtrie, et montrer qui nous sommes : C'est l'attente du ciel, il nous la faut remplir ; Je viens de le promettre,^ et je vais l'accomplir. Je rends grâces au Dieu que tu m'as fait connaître De cette occasion qu'il -a-srtôt fait naître, 650
Où déjà sa bonté, prête à me couronner. Daigne éprouver la foi qu'il vient de me donner.
NÉARQUE Ce zèle est trop ardent, souffrez qu'il se modère.
POLYEUCTE On n'en peut avoir trop pour le Dieu qu'on révère.
NÉARQUE Vous trouverez la mort.
POLYEUCTE / Je la cherche pour lui. 655
NÉARQUE Et si ce cœur s'ébranle ?
Il sera mon appui.
Il ne commande point que l'on s'y précipite.
Plus elle est volontaire, et plus elle mérite.
1 Var. Je le viens de promettre, . . . (1643-60.)