ACTE III, SCÈNE II 6l
L'adultère et l'inceste en étaient les plus doux.
«Oyez, dit-il ensuite, oyez, peuple, oyez tous.^ 840
Le Dieu de Polyeucte et celui de Néarque C/W^^
De la terre et du ciel est l'absolu monarque, ' '
Seul être indépendant, seul maître du destin,*^
Seul principe éternel, et souveraine fin.
C'est ce Dieu des chrétiens qu'il faut qu'on remercie 845
Des victoires qu'il donne à l'empereur Décie ; {
Lui seul tient en sa main le succès des combats ;
Il le veut élever, il le peut mettre à bas;^
Sa bonté, son pouvoir, sa justice est immense ;
C'est lui seul qui punit, lui seul qui récompense. 850
Vous adorez en vain des monstres impuissants.»
Se jetant à ces mots sur le vin et l'encens.
Après en avoir mis les saints vases par terre.
Sans crainte de Félix, sans crainte du tonnerre,
D'une fureur pareille ils courent à l'autel. 855
Cieux ! a-t-on vu jamais, a-t-on rien vu de tel ?
Du plus puissant des Dieux nous voyons la statue
Par une main impie à leurs pieds abattue.
Les mystères troublés, le temple profané,
La fuite et les clameurs d'un peuple mutiné, 860
Qui craint d'être accablé sous le^ courroux céleste.
Félix . . . Mais le voici qui vous dira le reste.
PAULINE
Que son visage est sombre et plein d'émotion ! ! Qu'il montre de tristesse et d'indignation !
1 Var. Oyez, Félix, suit-il, oyez, peuple, oyez, tous. (1643-56.)
2 Var. Seul maître du destin, seul être indépendant,
Substance qui jamais ne reçoit d'accident. (1643-56.)
3 Far. Il le veut élever, il le peut mettre bas; (1643-63.)