SCÈNE II
iJLes gardes se retirent aux coins du théâtre) *
Source délicieuse, en misères féconde, Que voulez-vous de moi, flatteuses voluptés? Honteux attachements de la chair et du monde, Que ne me quittez- vous, quand je vous ai quittés? Allez, honneurs, plaisirs, qui me livrez la guerre :
1 Var. Je crois que sans péril cela se peut bien faire : (1643-56.)
2 Var. Puisque c'est pour Sévère, à tout je me dispense. POL. Lui-même, à mon défaut, fera ta récompense.
Le plus tôt vaut le mieux ; va donc, et promptement. Cléon. J'y cours, et vous m'aurez ici dans un moment. (1643-56.) ^ Var. POL YEUCTE, seul, ses gardes s' étant retirés aux coins du théâtre.
Toute votre félicité, iiio
Sujette à l'instabilité,
En moins de rien tombe par terre;
Et comme elle a l'éclat du verre.
Elle en a la fragilité.
Ainsi n'espérez pas qu'après vous je soupire : 1115
Vous étalez en vain vos charmes impuissants ; Vous me montrez en vain par tout ce vaste empire Les ennemis de Dieu pompeux et florissants. Il étale à son tour des revers équitables
fPar qui les grands sont confondus; 1120
Et les glaives qu'il tient pendus > "
Sur les plus fortunés coupables ^ fcj
Sont d'autant plus inévitables, f^
Que leurs coups sont moins attendus.
Tigre altéré^ de sang, Décie impitoyable, 11 25
Ce Dieu t'a trop longtemps abandonné les siens ; De ton heureux destin vois la suite effroyable : ,Le Scythe va venger la Perse et les chrétiens ; '^^tncore un peu plus outre, et ton heure est venue ;
Rien ne t'en saurait garantir; 1130
Et la foudre qui va partir^ <LjL-a,r<^ — ^^
Toute prête à crever la nue,
Ne peut plus être retenue
Par l'attente du repentir.
Que cependant Félix m'immole à ta colère; 1135
Qu'un rival plus puissant éblouisse ses yeux ; * Qu'aux dépens de ma vie il s'en fasse beau-père, Et qu'à titre d'esclave il commande en ces lieux : Je consens, ou plutôt j'aspire à ma ruine.
1 Var. Dessus ces illustres coupables (1643-56.)
2 Fâir. Tigre affamé .. . (1643-1648111-40.) * Var. Qu'un rival plus puissant lui donne dans les yeux ; (1643-56.)