‹ Polyeucte, martyr; tragédie chrétienne. With introd. and notes by George N. HenningChapitre 60 sur 90 · ACTE V, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE II

Dont la condition répond mieux à la vôtre ; 1560

Ma perte n'est pour vous qu'un change avantageux.

FÉLIX

Cesse de me tenir ce discours outrageux.

Je t'ai considéré plus que tu ne mérites \

Mais malgré ma bonté, qui- croît plus tu l'irrites,^

Cette insolence enfin te rendrait odieux, 1565

Et je me vengerais aussi bien que nos Dieux.

Quoi? vous changez bientôt d'humeur et de langage !

Le zèle de vos Dieux rentre en votre courage !

Celui d'être chrétien s'échappe ! et par hasard

Je vous viens d'obliger à me parler sans fard ! 1570

FÉLIX

Va, ne présume pas que quoi que je te jure,

De tes nouveaux docteurs je suive l'imposture :

Je flattais ta manie, afin de t'arracher

Du honteux précipice où tu vas trébucher ;

Je voulais gagner temps pour ménager ta vie 1575

Après l'éloignement d'un flatteur de Décie ;

Mais j'ai fait trop d'injure à nos Dieux tout-puissants :

Choisis de leur donner ton sang, ou de l'encens.

Mon choix n'est point douteux. Mais j'aperçois Pauline. O ciel !

1 Var. Mais malgré ma bonté, qui croît quand tu l'irrites, (1643-56.)

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