‹ Polyeucte [microforme]Chapitre 10 sur 22 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

FÉLIX, BARCINE, 'POLTNICE,

FÉLIX

Une telle insolence avoir osé paraitre !

En public! à ma vue! il en mourra le traître !

BARCINE, Souffrez que votre fils, vous implorant pour lui...

FÉLIX, Je parle de Néarque et non de votre ami.

Quequ'iudigne qu'il soit désormais de l'entendre, Le nom de fils réveille un sentiment trop tendre Pour que, malgré son crime et tant d'impiété, J'endurcisse ce cœvr contre qui l’a porté.

BARCINE, | Je n'attendais pas moins de la bonté d'un père. FÉLIX.

Je pouvais l’immoler à ma juste colère :

Car vons n'ignorez pas à quel comble d'horreur

De son audace impie a monté la fureur ; Vous l'avez pu savoir du moins de Polynice.

BARCINE, Je sais que de Néarque il doit voir le supplice. FÉLIX, Du conseil qu’il doit prendre il sera mieux instruit, Quand il verra punir celui qui l’a séduit.

Au spectacle sanglant d'un ami qu'il faut suivre, La crainte de mourir et le désir de vivre Ressaisissent une âme avec tant de pouvoir, Que qui voit le trépas cesse de le vouloir.

L'exemple touche plus que ne fait la menace : Cette indiscrète ardeur tourne bientôt en glace, Et nous verrons tantôt son intrépidité Me demander pardon de tant d’impiété,.

BARCINE

Vous pouvez espérer qu'il change de courage ? FÉLIX.

Au dépens de Néarque, il doit se rendre sage. BARCINE.

Il le doit : Ô mon père, hélas ! qu'avez-vous dit ? Et quels tristes hasards ne court point mon ami,

Si de son inconstance il faut qu’enfin j'espère Le bien que j'espérais de la bonté d'un père.

FÉLIX

Je vous en fais trop voir, mon fils, à consentir Qu'il évite la mort par un prompt repentir.

Je devais même peine à des crimes semblables,

Et, mettant différence entre ces denx coupables, J'ai trahi la justice à l'amour paternel ;

Je me suis fait pour lui moi-même crirninel ;

Et j'attendais de vous, au milieu de vos craiutes, Plus de remerciments que je n'entends de plaintes,

mit

BARCINE, De quoi remercier qui ne me donne rien ?

Je sais quel est l'huineur et l'esprit d'un chrétien. Dans l'obstination jusqu'au bout il demeure ; Vouloir son repentir c'est ordonner qu'il meure. FÉLIX, Sa grâce est en sa main, c'est à lui d'y rêver. BARCINE.

Faites-la tout entière.

réuix. Il la peat achever.

BARCINE

Ne l'abandonnez pas aux fureurs de sa secte.

FÉLIX , Je l'abandonne aux lois qu'il faut que je respecte. BARCINE.

Est-ce ainsi que d’un fils un vrai père est l'appui ? FÉLIX .

Qu'il fasse autant pour soi comme je fais pour lui, BARCINE.

Mais il est aveuglé.

réuix. Mais il se plait à l'être :

Qui chérit son erreur :e la veut pas connaitre. BARCINE.

Mon père, au nom des dieux !...

réuix. Ne les réclamez pas, Ces dieux dont l'intérêt demande son trépas.

BARCINE

Ils écoutent nos vœux.

réix. Eh bien, qui leur en fasse.

BARCINE

Au nom de l'Empereur, dont vous tenez la place... FÉLIX .

J'ai son pouvoir en main, mais s’il me l’a commis, C’est pour le déployer contre ses ennemis.

BARCINE

Polyeucte l’est-il ?

réux. Tous chrétiens sont rebelles.

BARCINE

N'écoutez point pour lui ces maximes cruelles ; N'est-il donc pas mon frère ; et moi, de votre sang?

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