‹ Polyeucte [microforme]Chapitre 5 sur 22 · FÉLIX, BARCINE, ALBIN, POLYNICE · texte numérisé non relu

FÉLIX, BARCINE, ALBIN, POLYNICE

réuix. Mon fils, oh, que ton songe En d'étranges frayeurs ainsi que toi me plonge ! Que j'en crains les effets qui semblent s'approcher ! BARCINE.

Quelle subite alarme ainsi peut vous toucher ?

Sévère n'est point mort.

BARGINE. Quel mal vous fait sa vie?

FÉLIXe 11 est le favori de l'Empereur Décie.

BARCINE

Après l'avoir sauvé des mains des ennemis, L'espoir d’un si haut rang lui devenait permis ; Le destin, aux grands cœurs si souvent mal propice, Se résout quelquefois à leur faire justice.

FÉLIX, 11 vient ici lui-même.

BARCINE. Il vient !

réuix, Tu vas le voir.

BARCINE

C'en est trop ; mais comment le pouvez-vous savoir ?

FÉLIX

Albin l'a rencontré dans la proche campagne ; Un gros de courtisans en foule l'accompagne, Et montre assez quel est son rang et son crédit, Mais, Albin, redis-lui ce que ces gens t'ont dit. ALBIN.

Vous savez quelle fut cette grande journée Que sa perte pour nous rendit si fortunée,

Où l'empereur captif, par sa main dégagé,

Rassura son parti déjà découra

gé,

Tandis que sa vertu Succomba sous le nombre.

Vous savez les honneurs qu'on

fit faire à son ombre,

Après qu'entre les morts on n'eut pu le trouver :

Le roi de Perse aussi l'avait fai Témoin de ses hauts faits et de

t eulever.

son grand courage,

Ce monarque en voulut connaître le visage :

On le mit dans sa tente, où, iout percé de Coups, Tout mort qu'il paraissait, il fit mille jaloux. Là, bientôt il montra quelque signe de vie :

Ce prince généreux en eut l'âm

e ravie ;

Et sa joie, en dépit de son dernier inalheur,

Du bras qui le causait honora la valeur,

Il en fit prendre soin, la cure en fut secrète ;

Et, comme au bout d'un mois sa santé fut parfaite, Il offrit dignités, alliance, trésors,

Et pour gagner Sévère il fit de

vains efforts.

Après avoir comblé ses refus de louanges,

Il envoie à Décie en proposer l'échange ;

Et soudain l’empereur transporté de plaisir,

Offre au Perse son frère et cent chefs à choisir. Ainsi revient au camp le valeureux Sévère

De sa haute vertu recevoir le salaire ;

La faveur de Décie en fut le digne prix.

De nouveau l'on combat, et nous sommes surpris, Ce malheur toutefois sert à croître sa gloire ;

Lui seul rétablit l'ordre et gagne la victoire,

Mais si belle, et si pleine, et par tant de beaux faits,

Qu'on nous offre tribut et nous

fesons la paix.

L'empereur, qui lui montre une estime infinie, Après ce grand succès l'envoie en Arménie,

1l vient en apporter la nouvelle

en ces lieux,

Et par un sacrifice en rendre gràces aux Dieux,

FÉLIX

0 ciel ! en quel état ma fortune est réduite !

ALBINe

Voilà ce que j'ai su d'un homme de sa suite ; Et j'ai couru, seigneur, pour vous y disposer,

FÉLIX

Ah ! sans doute, Barcine, il vie 11 nous perdra, mon fils !

BARCINE. Il est FÈLIX. :

ut pour se venger,

trop généreux.

Ta veux flatter en vain un père malheureux ; E nous perdra, mon fils, Ah ! regret qui me tue

ADD au. J'me mr

ts rm er

De n'avoir pas aimé la vertu toute nue !

Ah ! Barcine, en effet, tu m'as trop obéi ; Ton courage était bon, ton devoir l'a trahi.

Que ta rébellion m'eût été favorable !

Qu'elle m'eût garanti d'an état déplorable !

Si quelque espoir me reste, il n’est plus aujourd'hui Qu'en l'absolu pouvoir qu'il te donnait sur lui, Ménage en ma faveur ce cœur que tu possède, Et d’où provient le mal que vienne le remède, Il sort avec Albin.

BARCINE (seul).

Hélas ! comment paraître aux regards d'un ami, Après l'avoir, au fond, indignement trahi.

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