ACTE III, SCENE IV
Et j'ai^4)our raccepter, éteint le plus beau feu
Oui d'une âme bien née ait mérité l'aveu. Au nom de cette aA'eugie et prompte obéissance i Que j'ai toujours rendue aux lois de la naissance, 970
Si vous avez pu tout sur moi, sur mon amour, : Que je puisse sur vous quelque chose à mon tour!
Par ce juste pouvoir à présent trop à craindre,
Par ces beaux sentiments qu'il m'a fallu contraindre,
Ne m'ôtez pas vos dons : ils sont chers à mes yeux, 975
Et m'ont assez coûté pour m'ètre précieux.
FÉLIX
Vous m'importunez trop : bien que j'aie un cœur tendre,
Je n'aime la pitié qu'au prix que j'en veux prendre;
Employez mieux l'effort de vos justes douleurs : I Malgré moi m'en toucher, c'est perdre et temps et pleurs ; 930 [ J'en veux être le maître, et je veux bien qu'on sache
Que je la désavoue alors qu'on me l'arrache.
Préparez-vous à voir ce malheureux chrétien,
Et faites votre effort quand j'aurai fait le mien.
Allez: n'irritez plus un père qui vous aime, 9S5
\ . 968. \ ar. : Et. j'ai, pour l'accepter, éteint les plus beaux feux ,
Qui dune âme bien ni';e aient mérité les vœux. (Ed. 16i3-a6.1
V. 969. Iphigéaie, suppliant Agamemiion, fera ^valoir, comme Pauline, son respect et son obéissance :
Si pourtant ce rjsj-ect. si cette obéissance
Parait digne à vos yeux d une autre récompense, etc.
(R.iCiNE, Iphiijénie, IV. iv.
V. 974. Ce souvenir n"est pas très heureux : Pauline rappelle, sans y songer, à Félix les craintes que cause au timide gouvei'neur la présence de
\ . 977. \ ar. : vous raimportunez trop.— paultne. — Dieux! que viens-je d'entendre? FÉLIX. — Je n'aime la piti>^ qu'au prix que j'en veux prendre : Par tant de vains efforts malsrré rnoi m'en toucher. C'est perdre avec le temps des pleurs à me fâcher. Vous m'en avez donné, mais je veux bien qu'on sache. Éd. 1643-o6.)
V. 978. Encore un vers dont Voltaire a raison de critiquer l'obscurité. Il signifie sans doute : " Je n'aime la pitié que dans la mesure que j'en veux prendre, qu'autant qu'il me plait d'en prendre. »