FÉLIX, ALBIN, PAULINE, STUATOXICE
FELIX
Albin, en est-ce fait? 9r,5
ALBIN
Oui, Seigneur, et Néarque a payé son forfait.
FÉLIX
Et notre Polyeucte a vu trancher sa vie?
ALBIN
Il l'a vu, mais, hélas 1 avec un œil d'envie.
Il brûle de le suivre, au lieu de reculer;
Et son cœur s'affermit, au lieu de s'ébranler. eei
PAULINE
Je vous le disais bieri\Encore un coup, mon père, Si jamais mon respect a pu vous satisfaire. Si vous l'avez prisé*, si vous l'avez chéri...
FÉLIX
Vous aimez trop, Pauhne, un indigne mari.
PAULINE
Je l'ai de votre main : mon amour est sans crime; 96^-
Il est de votre choix la glorieuse estime ;
» • 9oa. Madame, c'en est fait, et vous êtes servie :
Pyrrhus rend à l'autel son infidèle vie. (Racine, Andromaquc, V, m.)
V. 9o7. Jamais mort ne nous a causé moins d'émotion que celle de Néarque : c'est d'abord qu'il est allé volontairement et sans regret au martyre; ensuite qu'aucun des acteurs en scène ne le regrette; enfin, que le poète nous a présenté cette mort surtout comme un moyen d'action sur le cœur de Polyeucte. Nous n'avons tous, comme Félix et Pauline, qu'une idée : savoir de quel œil Polyeucte a vu le supplice de son ami, et l'intérêt qu'a pour nous la réponse d'Albin ne nous permet pas d'arrêter notre pensée sur le martyre de Néarque.
V. 965. '< Je l'ai de voire main est admirable. Dans le vers qui suit, la (glorieuse estime de votre choix est un barbarisme » (Voltaire.) Il faut avouer tout au moins que l'expression pourrait être plus claire : il peut se rapporter i- Polyeucte ou bien à amour.