ACTE III, SCÈNE V
(juoiquil soit généreux, quoiqu'il soit magnanime.
Il est homme, et sensible, et je l'ai dédaigné ; 1035
Et de tant de mépris son esprit indigné,
Que met au désespoir cet hymen de Pauline,
Du courroux de Décie obtiendrait ma ruine.
Pour venger un afTront tout semble être permis.
Et les occasions tentent les plus remis *. loio
Peut-être, et ce soupçon n'est pas sans apparence.
Il rallume en son cœur déjà quelque espérance ;
Et croyant bientôt voir Polyeucte puni,
n rappelle un amour à grand'peine banni.
Juge si sa colère, en ce cas implacable, loiô
Me ferait innocent de sauver un coupable.
Et s'il m'épargnerait, voyant par mes bontés
Une seconde fois ses desseins avortés.
Te dirai-je un penser* indigne, bas et lâche ? Je TétoufTe, il renaît : il me flatte, et me fâche : loso
L'ambition toujours me le vient présenter, Et tout ce que je puis, c'est de le détester*. Polyeucte est ici l'appui de ma famille ; Mais si, par son trépas, l'autre épousait ma fille, l'acquerrais bien par là de plus puissants appuis. 1055
iQui me mettraient plus haut cent fois que je ne suis. !tfon cœur en prend par force une maUgne joie : Vfais que plutôt le ciel à tes yeux me foudroie, }u'à des pensers* si bas je puisse consentir. }ue jusque-là ma gloire ose se démentir ! loeo
\ . 1OJ6. \ ar. : Et des mépris reçus son esprit indignr^. (Éd. 16V3-oO.)