‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 129 sur 175 · ACTE IV, SCENE IIl. K · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE IIl. K

Tu me quittes, ingrat, et le fais avec joie;

Tu ne la caches pas, tu veux que je la voie;

Et ton cœur, insensible à ces tristes appas,

Se figure un bonheur où je ne serai pas! i-35(i

C'est donc là le dégoût qu'apporte ITiyménée?

Je te suis odieuse après m'être donnée !

POLYEL'CTE.

Hélas !

PAULINE

Que cet hélas a de peine à sortir !

Encor s'il commençait un heureux repentir, Que, tout forcé qu'il est, j'y trouverais de charmes! 1255

Mais courage, il s'émeut, je vois couler des larmes.

J'en verse, et plût à Dieu qu'à force d'en verser

Ce cœur trop endurci se pût enfin percer!

Le déplorable état où* je vous abandonne

Est bien digne des pleurs que mon amour vous donne; i-26(i

Et si Ton peut au ciel sentir quelques douleurs,

J'y pleurerai pour vous l'excès de a'os malheurs ;

Mais si, dans ce séjour de gloire* et de lumière,

Y. 1247. ^ ar. : Tu me quittas, ingrat, et mêmes avec joie. iÉd. 1643-:;6.)

Pauline a été blessée du ton sur lequel Polyeucte a parlé de « rette triste vie » et « des douceurs dont la mort est suivie ".

Y. 12 18. Avec Joie formant une sorte de locution adverbiale, il n'est pas correct de rattacher le pronom la au mot joie.

Y. 1250. Il peut y avoir dans un vers trois sortes de beautés : beautés de pensée, beautés de sentiment, beautés d'expression; c'est par le sentiment qu'est beau ce vers, où les expressions sont, si simples ; que le sentiment soit changé, et ces mêmes expressions deviendront plates dans Théodore (II. in; Marcelle menace de la mort la jeune fille, qu'elle voit éprise du martyre, et lui dit :

Goûtez d'un avitre monde à loisir les appas, Et devenez heureuse où je ne serai pas.

Y. 12.51. Yoir les vers 130-135.

Y. 1254. Yar. : Encore s'il marquait un heureux repentir. (Éd. 16;3-:;6.)

Y. 1258. Le cœur de Pauline.

Y. 1259. Le d(?plorab'.e état où l'on me voit réduite. Tristan, Mariamnc, II, ii.i

Y. 1260. Pauline a douté de l'amour de Polyeucte ; elle a eu tort; mais un obstacle se dresse maintenant entre les deux époux; la conversion de Pauline peut seule lever cet obstacle; dans son amour pour Pauline, Polyeucte va la demander à Dieu.

y . 1262. V ar. : Et si ion peut au ciel emporter des douleurs,

J'en emporte de voir l'excès de vos malheurs. (Éd. 16l3-:>6.)

170 POLVEUCTE.

Ce Dieu tout juste et bon jjeut souffrir ma prière,

S'il y daigne écouter un conjugal amour, i^^"-

Sur votre aveuglement il répandi-a le jour.

Seigneur, de \oè bontés il faut que je Tobtienne; Elle a trop de vertus pour n'être pas chrétienne : Avec trop de mérite il vous plut* la former, Pour ne a'ous pas connaître et ne vous pas aimer, 1270

Pour vivre des enfers esclave infortunée, Et sous leur triste joug mourir comme elle est née.

PAULINE

Que dis-tu, malheureux? qu'oses-tu souhaiter?

Ce que de tout mon sang je Aoudrais acheter.

PAULINE

Que plutôt...

C'est en vain cpi'on se met en défense : 127:.

Ce Dieu touche les cœurs lorsque moins * on y pense. Ce bienheureux moment n'est pas encor venu ; Il tiendra, mais le temps ne m'en est pas connu.

^- PAULINE

Quittez cette chimère, et m"aimez.

Je vous aime.

Beaucoup moins que mon Dieu, riîBi?15îen plus que moi-même.

PAULINE

Au nom de cet amour ne m'abandonnez pas. 1280

Au nom de cet amour, daignez sui^TC mes pas.

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