ACTE V, SCENE I
Dans Tàme il hait Félix et dédaigne Pauline ;
Et s'il l'aima jadis, il estime aujourd'hui
Les restes d'un rival trop indignes de lui.
Il parle en sa faveur, il me prie, il menace, 1455
Et me perdra, dit-il, si je ne lui fais grâce;
Tranchant du généreux, il croit m'épouvanter :
L'artifice est trop lourd pour ne pas l'éventer.
Je sais des gens de cour quelle est la politique.
J'en connais mieux que lui la plus fine pratique^. i46o
C'est en vain qu'il tempête et feint d'être en fureur :
Je vois ce qu'il prétend auprès de l'Empereur.
De ce qu'il me demande il m'y ferait un crime :
Épargnant son rival, je serais sa victime;
Et s'il avait affaire à quelque maladroit, 1465
Le piège est bien tendu, sans doute il le perdrait :
Mais un vieux courtisan est un peu moins crédule :
Il voit quand on le joue, et quand on dissimule :
Et moi j'en ai tant vu de toutes les façons.
Qu'à lui-même au besoin j'en ferais des leçons. 1470
ALBIN
Dieux I que vous vous gênez* par cette défiance!
FÉLIX
Pour subsister en cour c'est la haute science :
V. 14o4. Choqué de cette expression énergique, mais triviale, le poète Andrieux ''l7o9-l83;i: a cru rendre service au grand Corneille, et ûier un grain de poussière à son beau cothurne '-,en atïaiblissaut ainsi ces deux vers :
Et s'il laima jadis, il regarde aujourd'hui Ce qu'obtint ua rival comme indiane de lui.
V. 1459. Var. : Je connais avant lui la cour et ses intriques.
J'en connais If-s détours, j'en connais les pratiques. Ed. 16 »3-o6.)