ACTE V, SCÈNE I
Ameiiez Polyeucte; et si je le renvoie,
S'il demeure insensible à ce dernier effort,
Au sortir de ce lieu qu'on lui donne la mort. i^Qo
ALBIN
Votre ordre est rigoureux.
FÉLIX
Il faut que je le suive, Si je veux empêcher qu'un désordre n'arrive. Je vois le peuple ému* pour prendre son parti; Et toi-même tantôt tu m'en as averti.
Dans ce zèle pour lui qu'il fait déjà paraître, 1^95
Je ne sais si longtemps j'en pourrais être maître; Peut-être dès demain, dès la nuit, dès ce soir, J'en verrais des effets que je ne veux pas voir; Et Sévère aussitôt, courant à sa vengeance, M'irait calomnier de quelque intelligence. i^O"
Il faut rompre * ce coup, qui me serait fatal.
ALBIX.
Que tant de prévoyance est un étrange mal!
Tout vous nuit, tout vous perd, tout vous fait de l'ombrage;
Mais voyez que sa mort mettra ce peuple en rage*,
Que c'est mal le guérir que le désespérer. 1^^^
FÉLIX
En vain après sa mort il voudra murmurer; Et s'il ose venir à quelque violence, C'est à faire* à céder deux jours à l'insolence : J'aurai fait mon devoir, quoi qu'il puisse arriver.
V. 1488. En marge, dans les éditions de 1643 et de 1648 in-4o .. Jl parle à Cléon
y' 1490. En marge, dans les éditions de 1643 et de 1648 in-4o : Cléon rentre-, nous dirions aujourd'hui : Cléon sort. Mairet dit toujours : il rentre on nous disons : il sort; et souvent : // sort pour : // entre. - Racme a reproduit cette disposition au dernier acte (se. m) de son Bajazet; Roxane \a se prononcer sur le sort de Bajazet, qu'elle fait venir :
Oui, tout est prêt, Zatime.
Ori-an et les muets attendent leur victime. Je suis pourtant toujours maîtresse de son sort. Je puis le retenir. Mais s'il sort, il est mort.