SCENE II
FELIX
As-tu donc pour la vie une haine si forte. Malheureux Polyeucte ? et la loi des chrétiens T"ordonne-t-elle ainsi d'abandonner les tiens?
Je ne hais point la vie, et j'en aime l'usage, 1515
Mais sans attachement qui sente l'esclavage,
Toujours prêt à la rendre au Dieu dont je la tiens :
La raison me l'ordonne, et la loi des chrétiens ;
Et je vous montre à tous par là comme * il faut A'ivre,
Si vous avez le cœur assez bon pour me suivre. 1520
FÉLIX
Te suivre dans l'abîme où* tu te veux jeter?
V. 1510. Eu marge. dans les éditions de 1643 et de 16iS in-4° : Polyeucte vient avec ses gardes, qui soudain se retirent.
M. Ganderax, dans la Revue dramatique de la Revue des Deux Mondes du 13 octobre 1884. tout en se plaisant à reconnaître que le sociétaire de la Comédie-Française alors chargé du rôle de Polyeucte était « magnifique à voir dans ses voiles brodés à l'orientale », lui reprochait de paraître sous trois accoutrements divers, broderies multicolores au premier acte, broderies blanches quand il revient du baptême, tenue de supplice au dernier acte : « Il prend de son costume un souci trop persistant : il change trois fois de toilette, et la dernière fois en prison; parmi tant d'occupations, le baptême, l'attentat et le reste, c'est bien de la présence d'esprit pour un martyr. »