V. 1531. Quoi qu'en puisse penser l'Empereur
V. 1535. Saint Genest dira de même dans la tragédie de Rotrou (IV, viii :
Les intérêts du corps cèdent à ceux de lame ; Déployez vos rigueurs, brùlr'z. coupez, tranchez, Mes maux seront encor moindres que mes péchés; Je sais de quel repos cette peine est suivie. Et ne crains point la mort qui conduit à la vie.
V. 1536. V ar. : Aussi bien un chrétien n'est rien sans les souffrances.
Les plus cruels tourments nous sont des récompenses. (Éd. 1043-50.)
« Corneille a fait de son héros un danseur de corde : quand il veut le faire mourir, c'est-à-dire au moment où il veut nous toucher le plus fortement, il lui fait débiter un certain nombre de magnifiques gasconnades sur son mépris de la mort et sur son indifférence à l'égard de la vie. La compassion décroît précisément dans la proportion où l'admiration s'accroît. Par ce principe, je tiens le Polyeucte de Corneille pour blâmable, quoiqu'en raison de beautés bien différentes, il ne doive jamais cesser de plaire. Polyeucte veut devenir martyr, il aspire à la mort et aux tortures, il les considère comme le premier degré d'une vie infiniment heureuse ; j'admire le pieux enthousiaste, mais je craindrais de courroucer son espiit dans le sein de la béatitude éternelle, si j'éprouvais pour lui quelque compassion. » (Les-
190 POLYEL'CTE.
Dieu, qui rend le centuple aux bonnes actions,
Pour comble donne encor les persécutions.
Mais ces secrets pour a'ous sont fàcbeux à comprendre :
Ce n'est quà ses élus que Dieu les fait entendre*. i5io
FÉLIX
Je te parle sans fard, et veux être chrétien.
POLYEL'CTE.
Qui* peut donc retarder fefTet d'un si grand bien?
FÉLIX
La présence importune...
Et de qui? de Sévère?
FÉLIX
Pour lui seul contre toi j'ai feint tant de colère :
Dissimule un moment jusques* à son départ. 1545
POLÏEUCTE.
Félix, c'est donc ainsi que vous parlez sans fard?
Portez à vos païens, portez à vos idoles
Le sucre empoisonné que sèment vos paroles.
Un chrétien ne craint rien, ne dissimule rien :
Aux yeux de tout le monde il est toujours chrétien. lôôn
FÉLIX
Ce zèle de ta foi ne sert qu'à te séduire *,
Si tu cours à la mort plutôt que de m'instruire.
siNG, Lettre à Mendelssohn, 18 décembre 17.j6, citée dans Lessing et le goût français en Allemagne, de M. Crouslé.) — Sans parler de la forme ridicule sous laquielle le critique allemand présente cette opinion, nous répoudrons simplement que Polyeucte ne méprise pas et ne hait pas la vie (v. iolo), et aussi que souvent dans son théâtre Corneille a voulu remplacer la terreur et la pitié aristotéliques par l'admiration, comme il ledit, en propres termes, dans son Examen de Xicomède : « Le succès a montré que la fermeté des grands coeurs, qui n'excite que de l'admiration dans l'âme du spectateur, est quelquefois aussi agréable que la compassion que notre art nous ordonne d'y produire, par la représentation de leurs malheurs. ^>
V. 1541. /e te jjarle sans fard; ces mots frappent Polyeucte, qui va les rappeler à deux reprises (v. loi6 et 1570).
V. 1348. Var. : Le sucre empoisonné que versent vos paroles. (Éd. 1643-36.)
Nous ne vovons pas pourquoi Corneille a changé le vers qu'il avait écrit d'abord : car dans les deux vers qu'il a écrits successivement les métaphores ~ sont également incohérentes.