‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 170 sur 175 · L- lÉLlX, SÉVÈRE, PAULINE, ALBIN, FABIAN · texte numérisé non relu

L- lÉLlX, SÉVÈRE, PAULINE, ALBIN, FABIAN

W^m SÉVÈRE.

Père dénaturé, malheureux politique,

Esclave ambitieux d'une peur chimérique,

Polyeucte est donc mort ! et par vos cruautés

Vous pensez conserver vos tristes dignités ! i75o

La faveur, que pour lui je vous avais offerte,

Au heu de le sauver, précipite sa perte !

J'ai prié, menacé, mais sans vous émouvoir:

Et vous m'avez cru fourbe ou de peu de pouvoir!

Eh bien ! à vos dépens vous verrez que Sévère l'Sô

Ne se vante jamais que de ce qu'û peut faire ;

Et par votre ruine il vous fera juger

Que qui peut bien vous perdre eût pu vous protéger.

Continuez aux Dieux ce service fidèle ;

Par de telles horreurs montrez-leur votre zèle. i^eo

Adieu; mais quand l'orage éclatera sur vous,

Ne doutez point du bras dont partiront les coups.

FÉLIX

Arrêtez-vous, Seigneur, et d'une âme apaisée Souffrez que je vous hvre une vengeance aisée.

V 1747 H Autrefois, quaad les acteurs représentaient les Romains avec le chapeau et une cravate, Sévère arrivait le chapeau sur la tête, et Félix 1 écoutait chapeau bas; ce qui faisait un effet ridicule. >- (\ oltaire.)

V. 1748. Voltaire dit encore ici avec aussi peu de reflexion qu au vers l /.il : « D'où sait-il que Félix a immolé son gendre à la peur méprisable qu il avait de Sévère? Ce Sévère ne pouvait le savoir, à moins que Polyeucte, par un second miracle, ne le lui eût révélé. . Le commentaire de Polyeucte est rempli de notes aussi justes que celles-là.

V. 1754. Sévère ne se trompe pas. Félix nous a dit au commencement de cet acte :

Albin, as-tu bien vu la fourbe do Sévère?... r^,„,iP.vHr^

En faveur des chrétiens sil choquait son courroux (le courroiu: de lempeieur]. Lui-même assurément se perdrait avec nous. V. Hoo. Var. : Eh bien : a vos dépens vous saurez que Sévère. (Éd. 16V3-60.) V. 1763. Var. : Arrôtez-vous, sévère, et d'une àme apaisée. (Éd. 1643-56.)

^^^ POLVEUCTE.

Ne me reprochez plus que par mes cruautés i765

Je tâche * à conserver mes tristes dignités : Je dépose à vos lùeds l'éclat de leur'faux lustre. Celle où* j'ose aspirer est d'un rang plus illustre; Je m'y trouve forcé par un secret appas*; Je cède à des transports que je ne connais pas; 1-70

Et, par un mouvement que je ne puis entendre*, De ma fureur je passe au zèle de mon gendre. C'est lui, n'en doutez point, dont le sang innocent Pour son persécuteur prie un Dieu tout-puissant; Son amour épandu* sur toute la famille ' 1775

Tire après lui le père aussi hien que la fille. J'en ai fait un martyr, sa mort me fait chrétien : J'ai fait tout son honheur, il veut faire le mien. C'est ainsi qu'un chrétien se venge et se courrouce. Heureuse cruauté dont la suite est si douce! nso

Donne la main, PauUne. Apportez des liens; Immolez à vos dieux ces deux nouveaux chrétiens : Je le suis, elle Test, suivez votre colère.

PAULINE

Qu'heureusement enfin je retrouve mon père!

Cet heureux changement rend mon honheur parfait. nss

FÉLIX

Ma fille, il n'appartient qu'à la main qui le fait.

SÉVÈRE

Qui ne serait touclié d'un si tendre spectacle?

V. 176G. On remarquera que ce sont les paroles mêmes de Sévère qu'il reprend. ^

y. 1767. C'est-à-dire : les insignes de sa charge. Voir le vers 1803.

\ . 1 / /O. « Ce nouveau miracle nest pas si bien reçu du parterre que les deux autres ; il ne iaui pas surtout prodiguer coup sur coup les prodiges de même espèce. Quand on pardonnerait la conversion incrovable de ce^'làche i* elix, on n en serait pas touché, parce qu'on ne s'intéresse pas à lui comme a Pauline. » (Voltaire.)

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