S L EX [OLE
« Il a fait tréhiicher la troisième partie des Anges. » (Tristan, Heures de hi Tinge, Discours contre COrfjueil.)
Corneille lui-même a très souvent employé ce verbe, et notamment dans un des meilleurs vers (V Attila (V, vi) :
II frissonne, il chancelle, il trébuche, il expire.
En 1680, le correct et élégant Quinault ne craindra pas encore d'écrire dans son opéra de Proscrpinc (II, vi) :
L'affreux Typhon, avec sa vaine rage, TréhiicJie enfin dans des g-ouffres sans fonds.
Trône [Dans le). — Y. 1188.
'( Autrefois le mot trône désignait, soit simplement le siège royal (ou pontifical), et dans ce cas on disait :. sif/- le trône; soit toute la construction, fermée plus ou moins par des balustres ou par quelque autre clôture, et contenant le siège; ce second sens, qui explique très bien l'emploi des prépositions dans, en, hors de, est beaucoup plus fréquent que l'autre, non pas seulement chez Corneille, mais en général chez les écrivains de son temps. Dans surtout se joignait liabituellement à trôtie, tant en prose qu'en vers. <( Et tout cela pour se conserver dans le trône, » a dit d'Auljignac {Fratiqiie du Théâtre, p. 167). » rsi. Marty-Laveaux.)
Vainqueur. — Dans le langage de la galanterie, la personw qui (I su sr fairr aimer. — V. 339.
De même dans Rodorjune (v. 38o) :
Garde-toi de nommer mon vainqueur.
Racine a même appliqué le mot vainqueur à une femme dans Phedrr (v. 102} :
Aurais-je pour vainqueur dû choisir Aricie?
Voir encore au mot Objet l'exemple de Tristan.
Vers. — Envers. — Y. 1401.
Cet emploi est très fréquent chez Corneille. Les grammaiiiens l'ont condamné. « Ils prétendent, dit Littré, que vers ne peut pas se dire pour envers, au sens figuré et moral ; et en effet l'Académie a suivi leur décision, mais à tort; car ni la dérivation [vers et envers étant étymologiquement le même mot) ni l'usage né justifient cette décision: les meilleurs auteurs, Corneille, Molière, Pascal, Racine, Voltaire, ont donné à vers le sens d'e7ivers. »
Vouloir. — Substantivement, pour volonté. — V. 1430.
D<' même dans V Imitation (If, 887) :
Et bénis de ton Dieu le souverain vouloir.
« Le vouloir pour la volnntr, dit Vaiiicdas dans ses Remarques, est un terme qui a vieilli, et qui n'est plus reçu dans la prose, encore employé dans la poésie par ceux mêmes qui excellent aujourd'liui 'O cet art. » En effet, on le rencontre assez souvent dans Corneille; mais ces infinitifs pris substantivement, si noml>r('UX dans le vieux Iraneais, et encore au xvi^ siècle (voir le Seizième siède en France de MM. Darmesteter et Hatzfeld, p. 269), tendent de plus en plus à disparaître de notre langue (voir Penser). A propos du vers 26 de Théodo m :
Joins le vouloir des Dieux à leur autorité, Voltaire écrivait déjà : « Le vouloir n'est plus d'usage »; aujourd'hui <ct infinitif ne se prend plus substantivement qu'accompagné de l'On ou de mauvais : le bon vouloir, le mauvais vouloir.