A LA REINE REGENTE. TS
iK <ire par ses actions que par son titre, à moins que de lui offrir in portrait des vertus chrétiennes dont l'amour et la gloire de Dieu formassent les plus beaux traits, et qui rendît les plaisirs qu'elle y pourra prendre aussi propres à exercer sa piété qu'à délasser son esprit. C'est à cette extraordinaire et admirable piété, MADAME, que la France est redevable des bénédictions qu'elle voit :omber sur les premières armes de son roi'; les heureux succès qu'elles ont obtenus - en sont les rétributions éclatantes, et des :oups du ciel, qui répand abondamment sur tout le royaume les récompenses et les grâces que votre majesté a méritées. Notre perte semblait infaillible après celle de notre grand monarque ^ ; toute l'Europe avait déjà pitié de nous, et s'imaginait que nous nous allions précipiter dans un extrême désordre, parce qu'elle nous voyait dans une extrême désolation : cependant la prudence et les soins de votre majesté, les bons conseils qu'elle a pris, les grands courages** qu'elle a clioisis pour les exécuter', ont agi si puissamment dans tous les besoins de l'État, que cette première année de sa régence a non-seulement égalé les plus ^dorieuses de l'autre règne, mais a même effacé, par la prise de Thionville, le souvenir iu malheur qui, devant ses murs, avait interrompu une si longue suite de victoires '='. Permettez que je me laisse emporter au ravis-
1. Même idée dans une Ode de Tristan à la Gloire du Roi [Vers hémïques, 1648; :
»Elle [la Reine mère, cause les progrès Que le Ciel donne à tes armes.
^ Depuis tes plus jeunes ans
Toujours ses dévotes larmes Rendent tes lis florissants.
C'est également à la piété de Marie-Thérèse que. dans VOraison funèbre 2c partie) de cette reine ' 1683 , Bossuet rapportera les victoires de Louis XIV : I Quand tout cédait à Louis, et que nous crûmes voir revenir le temps de s niracles où les murailles tombaient au bruit des trompettes, tous les peuples étaient les yeux sur la reine, et croyaient voir partir de son oratoire la foudre lui accablait tant de villes, » Quand, deux mois après Bossuet. Fléchier )rononcera à son tour l'oraison funèbre de la reine, il reprendra, lui aussi, sette idée.
2. Allusion aux victoires du duc d'Enghien à R,ocroy 19 mai 1643), ;'i rhionville (10 août), à Sierck (3 septembre). M. le duc d'Aumale a donné 'écerament de cette première campagne de Condé un récit plein de vie et l'intérêt.
3. Louis XIII était mort le 14 mai 1643, moins de six mois après son grand ninistre, le cardinal de Richelieu. '
4. Tous les mots marqués d'un astérisque *) doivent être cherch(''s au ^^xique.
5. Le duc d'Enghien et Budesde Guébriant M602-i643s « le vaillant sollat, l'habile général, le patriote, l'homme de bien, qui avait donné l'Alsace L la France » (M. le duc d'Aum.vle;, et qui allait dans quelques semaines nourir pour la lui conserver.
6. Quatre ans auparavant, nos armes avaient essuyé un échec sous les nurs de Thionville. Le marquis de Pas de Feuquières fl.j90-i640) avait été :hargé d'assiégor cette ville; mais il disposait de forces trop peu considé-