Var. : de votre Messie. ;Éd
2. Dans le ricit de Métaphraste, Félix est un pa'ien convaincu et fervent.
3. Un acte latin anonyme, cité par Rolland, dit que Polyeucte fut « trè> longtemps battu de verges ». m
4. Voir la note du vers 2.o6. ^ r). Si la conversion de Pauline est une invention de Corneille, Polyeucte-
exprimait déjà le désir de la convertir dans le récit de Métaphraste. Rap-, pelant avec fierté qu'à lui seul il avait vaincu et brisé douze dieux, il ajoutait' avec un sourire : '< A'oilà que tu n"as plus de dieux du tout. Hé bien ! ô Pauline, je t'apprendrai à connaître le vrai Dieu ; hàte-toi de l'adorer, rt d'échanger cette courte vie contre une vie éternelle. »
6. Corneille a l'ait encore subir au récit de Surius deux chaui;ements, l'un
ABREGE DC MARTYRE DE SAKNT POLVELCTE.
'..eule victoire de l'Empereur contre les Perses a quelque fondement lans l'histoire; et sans chercher d'autres auteurs, elle est raplortée par M. Coëffeteau dans son Histoire romaine^; mais il ne dit lar-, ni qu'il leur imposa tribut, ni qu'il envoya faire des sacrifices le remercîment en Arménie.
Si j'ai ajouté ces incidents et ces particularités selon l'art, ou n»n, les savants en jugeront : mon but ici n'est pas de les justifier, nais seulement d'avertir le lecteur de ce qu'il en peut croire.
sans grande importance, il est vrai. Tautre très important au contraire. 1 tait sortir Polyeucte du sang des rois d'Arménie. Ce nest pas que le poeie parta^'e l'opinion de ceux qui ont restreint la tragédie « aux personnes illustres » ; il le déclarera nettement dans YEpitre à M. de Zuylichem placée •a léte de Don Sanche '16.50 ; mois il fait au goût de ses contemporains ct^tte concession de les intéresser à un héros 6ien né. De même, dans sa Tln^odore, il ne s'est pas contenté de faire naître, comme Métaphraste, son h'ro'ine de parents illustres, il en a fait une « princesse d'Antioche >-, sachant parfaitement qu'il altérait la vérité historique. On avait alors le j'iiiiugé de la naissanre. Faret disait très expressément dans son traité De l'hormête homme, ou l'Art de plaire à ta cour éd. de 163i,pp. 9 et 11; : " Il me semble très nécessaire que celui qui veut entrer dans ce grand commerce du monde soit né gentilhomme, et d'une maison qui ait quelque bonne
marque Il s-e coule avec le sang de certaines semences de bien et de
mal. qui germent avec le temps dans nos âmes, et font naitre en nous les 'lonnes et les mauvaises qualités, qui nous font aimer, ou nous rendent udi^r'ux à tout le monde. Ceux de qui les ancêtres se sont rendus signalés par de mémorables exploits, se trouvent en quelque façon engagés à suivre Je ':liemin qui leur est ouvert. Et la noblesse, qui, comme une belle lumière, éclaire toutes leurs actions, les excite à la vertu par ces exemples domestiques, ou les retire du vice par la crainte de l'infamie. »
L'autre modification que Corneille appjorte au récit de Métaphraste était en revanche tout à fait nécessaire : u Comment, dit Polyeucte dans la traduction latine que donne Bolland. comment m'occuperais-je encoïc de ma femme et de ines fils'! » L'acte latin anonyme, que reproduit aussi Bolland, ne donne à Pauline qu'un fils. Corneille, lui, ne lui en a pas donné du tout, et cela pour plusieurs motifs; il fallait que Pauline ne fût mariée que dejiuis très peu de jours : d'abord pour que Polyeucte put encore parler des « soupirs d'une amante >' on ne se serait pas intéressé alors aux inquiétudes d'une femme mariée depuis trop longtemps; Saint-Evremond le dit dans sa Dissertation sur la tragédie de Racine intitulée Alexandre le Grand : « Pour être touchés des larmes et des plaintes de ce sexe, voyons une amante qui pleure la mort d'un amant, non pas une tVmmc qui se désole à la perte d'un mari >< ; et Corneille le dit aussi dans son Examen du Cid •. ensuite, pour que le combat fût plus violent dans le cœur de Polyeucte entre l'amour de sa jeune épouse et la soif du martyre; enfin pour que Sévère pût encore ignorer le mariage de Pauline.
1. «- li Dec i us I commença son voyage, qui lui fut si heureux, qu'il remporta une glorieuse victoire sur les Perses et apaisa les tumultes qui s'étaient élevés eu Orient » (liv. xxvn^. L'Histoire romaine depuis Auguste Jusqu'à Constantin, par Nicolas Coëffeteau il57i-lG23 , évêque de Marseille, avait paru en 1621, à la suite d'ime Traduction de Florus, qui fut regardée comme un chef-d'œuvre. Vaugelas, en I6i7, dans ses Remarques sur la langue française, \)a.r\e de Coflfeteau avec une admiration excessive, et La Bruyère va jusqu'à le nommer à côté d'Amyot.
EXAMEN DE POLYEUCTE j