‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 42 sur 175 · Voir la seconde note de cet Ahrége · texte numérisé non relu

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6. M. Aube Polyeucte dans /'histoire,iSS2) a découvert à la Bibliothèqut nationale un texte grec, qui est très vraisemblablement l'acte même qu' paraphrasé Métaphraste. Les faits rapportés dans cet acte ne diffèrent paf sensiblement de ceux que Corneille a trouvés dans Mosander.

7. D'après Bolland, les différents textes connus ne sont pas d'accord sni cette date, et l'on trouve tantôt le 7, tantôt le 9, et tantôt le 10 janvier.

ABREGE DU MARTYRE DE SAIXT l'OLVETCTE. 77

iitation agréable, afin que le plaisir pût insinuer plus doucement utilité, et lui servir comme de véhicule pour la porter dans l'âme Il peuple, il est juste aussi de lui donner cette lumière, pour démêler

I vérité d'avec ses ornements, et lui faire reconnaître ce qui lui doit niirimer du respect comme saint, et ce qui le doit seulement divertir imme industrieux. Voici donc ce que ce dernier nous apprend :

Polyeucte et Néarque étaient deux cavaliers*^ étroitement liés

II semble d'amitié: ils vivaient en l'an 250-, sous l'empire deDécius; ur demeure était dans Mélitène^, capitale d'Arménie ; leur religion itltronte : Néarque étant chrétien, et Polyeucte suivant encore la ■c\r des gentils, mais ayant toutes les qualités* dignes d'un chrétien, t une grande inclination à le devenir. L'Empereur ayant fait publier n édit très rigoureux contre les chrétiens, cette publication donna n -rand trouble àNéarque, non pour la crainte des supplices dont

était menacé, mais pour l'appréhension qu'il eut que leur amitié '- souffrit quelque séparation ou refroidissement par cet édit, vu s peines qui y étaient proposées à ceux de sa religion, et les honiirs promis à ceux du parti contraire. Il en conçut un si profond 'l'iaisir, que son ami s'en aperçut ; et l'ayant obligé de lui en dire i ' ause, il prit de là occasion de lui ouvrir son cœur : « Ne craignez oint, lui dit-il % que l'édit de l'Empereur nous désunisse; j'ai vu ittH nuit le Christ que vous adorez ; il m'a dépouillé d'une robe sale our me revêtir d'une autre toute lumineuse, et m'a fait monter sur n cheval ailé pour le suivre : cette vision m'a résolu entièrement à faire e qu'il y a longtemps que j<* médite: le seul nom de chrétien me

l. Ils étaient soldats, dit Mëtaphraste.

-!. Cette date est plus que suspecte ; la plupart des actes disent que le mar-

r- de Polyeucte eut lieu sous le ri}(jne commun de Décius et de Valérien; !'. I)écius përiten Mœsieen 251. eut pour successeurs Gallus, puis ^î^milianus,

L -t seulement en 2o3 que Valérien fut nommé empereur et son fils Galeu. César. Baronius propose une autre date, qui est encore plus manilostelenc fausse. Peut-être faut-il nous en rapporter à un manuscrit qui. •ni. porte que Polyeucte reçut le martyre en 2.o7, la première année de la lii'iéme persécution, sous le règne de Valérien et de Gallien. La confusion ^s actes entre la septième persécution ordonnée par Décius et la huitième 1 donnée par Valérien s'expliquerait aisément par l'époque très rapprochée ■ - deux persécutions, si bien, dit Rolland dans son Commentaire, que la '-r-ecution de Décius a pu être considérée comme n'en faisant qu'une avec •-1!^ de Valérien.

La douzième légion était depuis longtemps cantonnée à Mélitène; c'est

' tif^ légion, en grande partie composée de chrétiens, qui, sous Marc-Aurèle. Il 1 7 i, "sauva, par ses prières, l'armée près de mourir de soif en Germanie; a "rage amena une pluie abondante, et la douzième légion garda le surnom ■ Fulminante. 11 est probable que Néarque et Polyeucte étaient officiers iiis celte légion, quand parut l'édit impérial condamnant au supplice les iii^^iiens de l'armée qui refuseraient de sacrifier aux dieux.

\. Var. : Néarque était chrétien et Polyeucte suivait encore la secte des ^niils, mais avec toutes les qualités. Ed. 1648-1 Go6.

•>. Var. : lui dit Polveucte. 'Ed. 1648-16.56.

manque ; et vous-même, toutes les fois que vous m'avez parlé de voti grand Messie S vous avez pu remarquer que je vous ai toujours écou avec respect; et quand vous m'avez lu sa vie et ses enseignement j"ai toujours admiré la sainteté de ses actions et de ses discours. Néarque ! si je ne me croyais point indigne d'aller à lui sans èti initié* de ses mystères et avoir reçu la grâce de ses sacrements, qu vous verriez éclater l'ardeur que j'ai de mourir pour sa gloire ^t ] soutien de ses éternelles vérités ! » Néarque l'ayant éclairci*du scn pule où* il était par l'exemple du bon larron, qui en un momeii mérita le ciel, bien qu'il n'eût pas reçu le baptême, aussitôt noti martyr, plein d'une sainte ferveur, prend l'édit de l'Empereur, crach dessus, et le déchire en morceaux qu'il jette au vent; et voyant de idoles que le peuple portait sur les autels pour les adorer, il h arrache à ceux qui les portaient, les brise contre terre, et les foui aux pieds, étonnant* tout le monde, et son ami même, par la chaku de ce zèle, qu'il n'avait pas espéré.

Son beau-père Félix, qui avait la commission* de TEmpereu pour persécuter les chrétiens-, ayant vu lui-même ce qu'avait fait soi gendre, saisi de douleur devoir l'espoir et l'appui de sa famille perdu:tâche d'ébranl'-r sa constance, premièrement par de belles parohensuite par dfs menaces, enfin par des coups qu'il lui fait donne i par ses bourreaux sur tout le visage '^ ; mais n'en ayant pu venir à boni pour dernier effort il lui envoie sa fille Pauline, afin de savoir ses larmes n'auraient point plus de pouvoir sur l'esprit d'un mari que n'avaient eu ses artifices et ses rigueurs. Il n'avance rien davantage par là; au contraire, voyant que sa fermeté convertissait beaucoup de païens, il le condamne à perdre la tête. Cet arrêt fut exécuté sur l'heure*: et le saint martyr, sans autre baptême que de son sang, s'en alla prendre possession de la gloire que Dieu a promise à ceux qui renonceraient à eux-mêmes pour l'amour de lui.

Voilà, en peu de mots, ce qu'en dit Surius. Le songe de Pauline, l'amour de Sévère, le baptême efîectif de Polyeucte, le sacrifice pour la victoire de l'Empereur, la dignité de Félix, que je fais gouverneur d'Arménie, la mort de Néarque, la conversion de Félix et de Pauline', sont des inventions et des embellissements de théâtre^. La

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