V. 467. La médiocrité de votre fortune
V. 476. La Monimede Racine [MiUiridate, II, vi) ne sera pas moins atta-
H6 POLYEUGTE.
Et sur mes passions ma raison souveraine* Eût blâmé mes soupirs et dissipé ma haine^/
Que vous êtes heureuse, et qu'un peu de soupirs
Fait un aisé remède à tous vos déplaisirs*! 'iso
Ainsi de vos désirs toujours reine absolue,
Les plus grands changements vous trouvent résolue ;
De la plus forte ardeur vous portez vos esprits*
Jusqu'à l'indifférence et peut-être au mépris ;
Et votre fermeté fait succéder sans peine 48:.
La faveur au dédain, et l'amour à la haine.
Qu'un peu de votre humeur ou de votre vertu S oulagerait les maux de ce cœur abattu !
chée à son devoir; elle aime Xipliarès, fils de Miihridate, et elle doit épouser Mithridate :
Ah ! par quel soin cruel le ciel avait-il joint
Deux cœurs que l'un pour l'autre il ne destinait point ?
Car. quel que soit vers vous le penchant qui m'attire,
J<» vous le dis, Seigneur, pour ne plus vous le dire,
Ma gloire me rappelle et m'entraine à l'autel,
Où je vais vous jurer un silence éternel.
Crébilloii se souviendra de la Pauline de Corneille et de la Monime de Racine, quand il poraposera sa tragédie de Bhadamiste et Zénobie {\1 II) : Zénobie a été percée de coups de poignard par Rhadamiste, son époux, qui la croit morte, et qu'elle croit mort de son côté; Arsame, frère de Rhadamiste, l'a faite prisonnière, et s'éprend d'elle sans connaître son nom : Zénobie, sans le lui avouer, sent naître dans son cœur de tendres sentimentpour ce vainqueur vertueux. Cependant Rhadamiste reparaît ; les deux époux se reconnaissent, et, cédant au devoir, Zénobie s'apprête à suivre le mari qui a voulu l'assassiner. Mais Arsame pénètre auprès d'elle; elle se voit contrainte de lui découvrir son nom; Rhadamiste éclate en transports de jalousie ; alors Zénobie lui répond par ces nobles paroles (I"V, iv) :
Connais donc tout ce cœur que tu peux soupçonner :
.Je vais par un seul trait te le faire connaUré,
Et de Tiion sort après je te laisse le inaitre.
Ton frère rne fut cher, je ne le puis nier:
■Tf ne cherche pas même à m'en justifier :
Mais, mal.t:ré son amour, ce prince, qui l'ignore,
Sans tf'S lâches soupçons l'ignorerait encore.
(A Arsame.) Prince, après cet aveu, je ne vous dis plus rien , Vous connaissez assez un cœur comme le mien. Pour croire que sur lui l'amour ait quelque empire. Mon époux est vivant : ainsi ma flamme expire. Cessez donc d'écouter un amour odieux.
Et surtout gardez-vous de paraître à mes yeux.
(.-1 Rhadamiste.) Pour toi. dès que la nuit pourra me le permettre. Dans tes mains en ces lieux je viendrai me remettre. Je connais la fureur de tes soupçon? jaloux : Mais j'ai trop de vertu pour craindre mon époux. {Elle sort.)
y. 480. Var. : vous acquitte aisément de tous vos déplaisirs. (Éd. 16'f3-'i6.) V. 483. Var. : De la plus forte amour vous port-z vos esprits. (Éd. 16'»3-d6.) V. 486. "Var. : La faveur au mépris, et l'amour à la haine. 'Éd. 16'>3-!i6.)
Y. 488. Il montre son cœur.
Un soupir^ une larme à regret épandue *
M'aurait déjà ^uéri de vous avoir perdue ; ^9o
Ma raison pourrait tout sur l'amour affaibli,
]:t de rindifférence irait jusqu'à Toubli ;
Kt mon feu désormais se réglant sur le vôtre,
Je me tiendrais heureux entre les bras d'une autre.
(J trop aimable objet '', qui m'avez trop charmé, ws
Kst-ce là comme on aime, et m'avez-vous aimé?
PAULINE
Je vous rai trop fait voir, Seigneur; et si mon âme
Pouvait bien étouffer les restes de sa flamme,
Dieux, que j'é^iterais de rigoureux tourments !
Ma raison, il est vrai, dompte mes sentiments ; soo
Mais quelque autorité que sur eux elle ait prise.
Elle n'y règne pas, elle les tyrannise ;
Et quoique le dehors soit sans émotion.
Le dedans n'est que trouble et que sédition.
Un je ne sais quel charme encor vers vous m'emporte ; .^os
Votre mérite est grand, si ma raison est forte :
Je le vois encor tel qu'il alluma mes feux
D'autant plus puissamment solUciter mes vœux,
Qu'il est emironné de puissance et de gloire,
Qu'en tous Ueux après vous il traîne la ^âctoire, -'if
Que j'en sais mieux le prix, et qu'il n'a point déçu
Le généreux espoir que j'en avais conçu.
Mais ce môme devoir qui le vainquit dans Rome,
Et qui me range ici dessous* les lois d'un homme,