‹ Polyeucte (volume 2)Chapitre 78 sur 175 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

SÉVÈRE, PAULINE, STRATOMCE, FABIAX.

PAULINE

I Mii, je l'aime, Seigneur, et n'^fais point d"excuse ;

Q^iié tout autre que moi a'ous flatte et vous abuse,

Pauline a Pâme noble, et parle à cœur ouvert :

Lu ]jruit de A'otre mort n^t point ce qui vous perd,.

Si le ciel en mon clioix i^ mis mon byménée. ibô

A vos seules vertus je nie serais donnée, ^

J^l toute la rigueur de votre premier sort I Contre votre mérite eût fait un vain effort. I Je découvrais en vous d'assez illustres marques^ i Pour vous préff'rer même aux plus heureux monarques ; \0 vo ! Mais/puis qu£ mon devoir m'imposait d'autres lois, [ De quelque amant pour moi^que mon père eût fait choix,

Quand à ce grand pouvoir que la valeur vous donne I Vous auriez ajouté l'éclat d'une couronne,

Quand je vous aurais vu, quand je l'aurais haï, |, -p 475

J'en aurais soupiré, mais j'aurais ob<'i.

V. 461. Yar : oui, je laime. Sévère, et n'en fais point d'excuse. (Éd. IfiW-GO.

V.462, « Depuis Clitandre, sa seconde pièce, on ne trouve plus rien de licencieux dans les ouvrages de Corneille. Tout ce qui y reste de Tancien e.xcès de familiarité, dont lesamants étaient ensemble sur le théâtre, c'est le tutoiement On se tutoyait dans le tragique même aussi bien que dans le

comique ; et cet usage ne finit que dans l'Horace de Corneille, oii Curiace et Camille le pratiquent encore. » (Fontenelle, Vie de Corneille.) Cette remarque n'est pas complètement juste : Emilie tutoiera encore presque toujours Cinna ; d'autre part, dans Horace, si Camille tutoie presque toujours Curiace, Curiace ne la tutoie déjà plus.

V. 4ti3. « Plus on a l'âme noble, moins on doit le dire. E'art consiste à faire voir cette nol^lesse sans l'annoncer. Racine n'a jamais manqué à cette règle. Corneille fait toujours dire à ses héros qu'ils sont grands; ce serait les avilir, s'ils pouvaient l'être. L'opposé de la magnanimité est <]c se dire magnanime. Ce n'est guère que dans un excès de passion, dans un moment K 011 l'on craint d'être avili, qu'il est permis de parler ainsi de soi-même. » ' (Voltaire.)

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