‹ Polyeucte (volume 3)Chapitre 33 sur 77 · SCÈNE V.— SÉVÈRE, PAULINE, PA^p · texte numérisé non relu

SCÈNE V.— SÉVÈRE, PAULINE, PA^p

SÉVÈRE

Dans mon étonnement.

Je suis confus pour lui de son aveuglement; Sa résolutioïi a si peu de pareilles.

Qu'à peine je me fie encore "k mes oreilles.

Un cœur qui vous chérit; (mais quel cœur assez bas Auroit pu vous connoître et ne vous chérir pas? ) ' Un homme aimé de vous, sitôt qu'il vous possède, Sans regret il vous quitte : il fait plus, ij[ vous cède; ^ Et, comme si vos feux étoient un don fatal, ' Il en fait un présent lui-même à son rival i Certes, ou les chrétiens ont d'étranges manies. Ou leurs félibités doivent être infinies, Puisque, pour y prétendre, ils osent rejeter Ce que de tout l'empire il faudroit acheter. ' - ^

Pour moi, si mes destins, un peu plus tôt propices,. Eussent de votre hymen honoré mes services, Je n'aurois ador^ que l'éclat de vos yeux, J'en aurois fait mes rois, j'en aurois fait mes dieux ; On m'auroit mis en poudre, on m'auroit mis en cendroi Avant que.... "^ ,

PAUtlNE.

Brisons là; je crains de trop entendre,.

Et que cette chaleur qui sent vos premiers feux, Ne pousse quelque suite indigne de tous deux. Sévère, connoissez Pauline tout entière.

Mon Polyeucte touche à son heure dernière; Pour achever de vivre il n'a plus qu'un moment;

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