‹ Polyeucte (volume 3)Chapitre 34 sur 77 · ACTE IV, SCÈNE V. 5J · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE V. 5J

Vous en êtes la cause encor qu'innocemment.

Je ne sais si yot|^ âme, à vos désirs ouverte,

Auroit osé former quelque, espoir sur sa perte : J

Mais sachez qu'il n'est point de $i cruels trépas

Où d'un front assuré je ne porte mes pas, »

Qu'il n'est point aux enfers d'horreurs que je n'endui^y

Plutôt que de souiller une gloire si pure, ,i

Que d'épouçer un homm^^'^prës son triste sort.

Qui âe quelgnsJaçofi'sml cause de sa mort :

Et, si votntmecroyez d'une âme si peu saine,

L'amour que j'ai pour vous tourneroit ]out en haio^. i

Vous êtes généreux; soyez-le jusqu'au bout. .

Mon père est en état de vous accorder tout, <

Il vous craint; et j'avance encor cette parole, . .

Qi^e s'il perd mon époux , c'est à vous qu'il l'immole, i

Sauvez ce malheureux, employez-vous pour lui ;

Faites-vous un effort pour lui servir d'appui.

Je sais que c'est beaucoup que ce que je demande ; ,

Mais plus l'effort est grande plus la gloire en est grande.

Conserver un rival dont vous êtes jaloux, . i . . t... i

C'est un trait de vertu qui n'appartient qu'à vous ;

Et si ce n'est assez de votre renomn;Lée,

C'est beaucoup qu'une femme.autrefois tant aimée,

Et dont ramour peut-être encQr vous peut toucher, ♦

Doive à votre grand cœur ce qu'elle a de plus cher : . .

Souvenez-vous enfin que yous êtes Sévère.

Adieu. Résolvez seul ce que vous voulez faire ;

Si vous n'êtes pas tel que je l'ose espérer, ;;

Pour vous priser encor je le veux ignorer.

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