ACTE V, sàîNE m
Sont-ce tons deux ensemble ûu ehacnn à son tônr ?
Ne pourrai-je fléchir la nature ou l'amour?
Et n'obtiendrai-je rien d'un épotix ni d'un père t
'- - FÉLIX. ••■'
Parlez à votre époux.
POLTEUCTfi.
Vivez avec Sévère.
PAULINE
Tigre, assassine-moi du moins sans m'outrager.
Mou amouTy par pitié, cherche à vous soulager; U voit quelle douleur dans Tftme vous possède. Et sait qu'un autre amour en est le seul remède. Puisqu'un si grand mérite a pu vous enflammer^ Sa présence toujours a droit de vous charmer : Vous l'aimiez, il vous aime, et sa gloire augmentée.. •,
' PAULINE
Que t'ai-je fait, cruel, pour être ainsi traitée,
Et pour me reprocher, au mépris de ma foi,
Un amour si puissant que j'ai vaincu pour toi ?
Vois, pour te faire vaincre un si fort adversaire.
Quels efforts à moi-même il a fallu me faire ;
Quela combats j'ai donnés pour te donner un cœur
Si justement acquis à son premier vainqueur;
Et si l'ingratitude en ton cœur ne. domine.
Fais quelque effort sur toi pour te rendre à Pauline ;
Apprends d'elle à forcer ton propre sentiment;
Prends sa vertu pour guide en ton aveuglement; /
Souffre que de toi-même elle obtieiine ta vie.
Pour vivre sous tes lois à jamais asservie.
Si tu peux rejeter de si justes désirs,
Regarde au moins ses pleurs, écoute ses soupirs;
Ne désespère pas une âme qui t'adore.
Je vous l'ai déjà dit, et vous le dis encore, Vivez avec Sévère, ou mourez avec moi.
Je ne méprise point vos pleurs ni votre foi; r
Mais, de quoi que pour vous notre amour m'entretienne, 1 Je ne vous connois plus, si vous n'êtes chrétienne. " ' \
C'en est assez, FéliX| reprenez ce courroux, • Et sur cet insolent vengez vos dieux et vous.
PAULINE
Ahl mon père, son crime à peine est pardonnable; iMais s'il est insensé, vous êtes raisonnable : La nature est trop forte, et ses aimables traits Imprimés dans le sang ne s'effacent jamais :
Un père est toujours père, et sur cette assurance J*08e appuyer encore im reste d*espérance.
Jetez sur votre fille un regard paternel : Ma mort suivra la mort de ce cher criminel; Et les dieux trouveront sa peine illégitime, Puisqu'elle confondra l'innocence et le crime, Et qu'elle changera, par ce redoublement.
En injuste rigueur un juste châtiment ; Nos destins, par vos mains rendus inséparables, Nous doivent rendre heureux ensemble, ou misérables; Et vous seriez cruel jusques au dernier point, Si vons désunissiez ce que vous avez joint.
Un cœur à l'autre uni jamais ne se retire, Et pour Ten séparer il faut qu'on le déchire. Mais vous êtes sensible à mes justes douleurs, Et d'un œil paternel vous regardez mes pleurs.
FEUX
Oui, ma fille, il est vrai qu'un père est toujours père;
Bien n'en peut effacer le sacré caractère;
Je porte un cœur sensible et vous l'avez percé.
Je me joins avec vous contre cet insensé.
Malheureux Polyeucte, es-tu seul insensible?
Et veux-tu rendre seul ton crime irrémissible?
Peux-tu voir tant de pleurs d'un œil si détaché?
Peux-tu voir tant d'amour sans en être touché?
Ne reconnois-tu plus ni beau-père, ni femme, V Sans amitié pour l'un, et pour l'autre sans flamme? ] Pour reprendre les noms et de gendre et d'époux, i' Veux-tu nous voir tous deux embrasser tes genoux?
Que tout cet artifice est de mauvaise gr&cel