ACTE II, SCENE VI
NÉARQUE
J'abhorre les faux Dieux.
Et moi, je les déteste.
NÉARQUE
Je tiens leur culte impie.
Et je le tiens funeste.
NÉARQUE
Fuyez donc leurs autels.
Je les veux renverser, Et mourir dans leur temple, ou les y terrasser.^
Allons, mon cher Néarque, allons aux yeux des hommes 5 Braver Tidolâtrie, et montrer qui nous sommes : C'est Tattente du ciel, il nous la faut remplir; Je viens de le promettre, et je vais Taccomplir.* Je rends grâces au Dieu que tu m'as fait connaître De cette occasion qu'il a sitôt fait naître, 10
Oii déjà sa bonté, prête à me couronner. Daigne éprouver la foi qu'il vient de me donner.
NÉARQUE
Ce zèle est trop ardent, souffrez qu'il se modère.
On n'en peut avoir trop pour le Dieu qu'on révère.
* Var. Et mourir dans leur temple ou bien les en chasser. (1643-1656.)
• Var. Je le viens de promettre . . . (1643-1660.)
NÉARQUE
Vous trouverez la mort.
Je la cherche pour lui.
NÉARQUE
Et si ce cœur s'ébranle ?
Il sera mon appui.
NÉARQUE
Il ne commande point que l'on s'y précipite.
Plus elle est volontaire, et plus elle mérite.
NÉARQUE
5 II suffit, sans chercher, d'attendre et de souffrir.
On souffre avec regret quand on n'ose s'offrir.
NÉARQUE
Mais dans ce temple enfin la mort est assurée.
Mais dans le ciel déjà la palme est préparée.
NÉARQUE
Par une sainte vie il faut la mériter.^
> Vak. Par une sainte vie il la faut mëriter. (1643-1656.)