‹ PolyeucteChapitre 31 sur 78 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

PAULINE

Que de soucis flottants, que de confus nuages

Présentent à mes yeux d'inconstantes images !

Douce tranquillité, que je n'ose espérer,

Que ton divin rayon tarde à les éclairer ! 5 Mille agitations, que mes troubles produisent,^

Dans mon cœur ébranlé tour à tour se détruisent :

Aucun espoir n'y coule où j'ose persister;

Aucun effroi n'y règne oîi j'ose m'arrêter.

Mon esprit, embrassant tout ce qu'il s'imagine, lo Voit tantôt mon bonheur, et tantôt ma ruine,^

Et suit leur vaine idée avec si peu d'effet,*

Qu'il ne peut espérer ni craindre tout à fait.

Sévère incessamment brouille ma fantaisie ;

J'espère en sa vertu ; je crains sa jalousie ; 15 Et je n'ose penser que d'un œil bien égal

Polyeucte en ces lieux puisse voir son rival.

Comme entre deux rivaux la haine est naturelle,

* Var. Mille pensera divere, que mes troubles produisent,

Dans mon cœur incertain à l'envi se détruisent»

Nul espoir ne me flatte où j'ose persister;

Nulle peur ne m'effraye où j'ose m'arrêter. (1643-1656.)

* Var. Veut tantôt mon bonheur, et tantôt ma ruine. (1643 et 1648 in-4*-) •Var. L'un et l'autre le frappe avec si peu d'effet. (1643-1656.)

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