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ACTE III, SCÈNE IV

ALBIN

Il l'a VU, mais, hélas ! avec un œil d'envie.

11 brûle de le suivre, au lieu de reculer ;

Et son cœur sf affermit, au lieu de s'ébranler.

Je vous le disais bien. Encore un coup, mon père,

Si jamais mon respect a pu vous satisfaire, 5

Si vous l'avez prisé, si vous l'avez chéri . . .

FÉLIX

Vous aimez trop, Pauline, un indigne mari.

PAULINE

Je l'ai de votre main : mon amour est sans crime ;

Il est de votre choix la glorieuse estime ;

Et j'ai, pour l'accepter, éteint le plus beau feu lo

Qui d'une âme bien née ait mérité Taveu.^

Au nom de cette aveugle et prompte obéissance Que j'ai toujours rendue aux lois de la naissance. Si vous avez pu tout sur moi, sur mon amour. Que je puisse sur vous quelque chose à mon tour! '5

Par ce juste pouvoir à présent trop à craindre, Par ces beaux sentiments qu'il m'a fallu contraindre. Ne m'ôtez pas vos dons : ils sont chers à mes yeux, Et m'ont assez coûté pour m'être précieux.

FÉLIX

Vous m'importunez trop : bien que j'aie un cœur tendre, 20 Je n'aime la pitié qu'au prix que j'en veux prendre;

Va». Et j*ai pour Taccepter éteint les plus beaux feux

Qui d'une âme bien née aient mérité les vœux. (1643-1656.)

Employez mieux Teffort de vos justes douleurs : Malgré moi m'en toucher, c'est perdre et temps et pleurs; J'en veux être le maître, et je veux bien qu'on sache Que je la désavoue alors qu'on me l'arrache.

5 Préparez-vous à voir ce malheureux chrétien, Et faites votre effort quand j'aurai fait le mien. Allez: n'irritez plus un père qui vous aim.e. Et tâchez d'obtenir votre époux de lui-même. Tantôt jusqu'en ce lieu je le ferai venir :

10 Cependant quittez-nous, je veux l'entretenir.^

De grâce, permettez

PAULINE

FÉLIX

Laissez-nous seuls, vous dis-je :

Votre douleur m'offense autant qu'elle m'afflige. A gagner Polyeucte appliquez tous vos soins ; Vous avancerez plus en m'importunant moins.

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