SCENE PREMIERE
POLYEUCTE, CLÉON, trois autres Gardes.
Gardes, que me veut-on ?
CLÉON
Pauline vous demande.
O présence, ô combat que surtout j'appréhende !
Félix, dans la prison j'ai triomphé de toi,
J'ai ri de ta menace, et t'ai vu sans effroi :
Tu prends pour t'en venger de plus puissantes armes ; 5
Je craignais beaucoup moins tes bourreaux que ses larmes.
Seigneur, qui vois ici les périls que je cours, En ce pressant besoin redouble ton secours ; Et toi qui, tout sortant encor de la victoire, Regardes mes travaux du séjour de la gloire, ao
Cher Néarque, pour vaincre un si fort ennemi. Prête du haut du ciel la main à ton ami.
Gardes, oseriez-vous me rendre un bon office ? Non pour me dérober aux rigueurs du supplice : ^
* Var. CLtfON.
Nous n'osons plus. Seigneur, vous rendre aucun service.
Je ne vous parle pas de me faire évader. ^1043-1656.)
Ce n*est pas mon dessein qu'on me fasse évader ; Mais comme il suffira de trois à me garder, L'autre m'obligerait d'aller quérir Sévère ; Je crois que sans p^ril on peut me satisfaire : ^ 5 Si j'avais pu lui dire un secret important, Il vivrait plus heureux, et je mourrais content.
CLÉON
Si vous me TordonDez, j'y cours en diligence.*
Sévère, à mon défaut, fera ta récompense.
Va, ne perds point de temps, et reviens promptement.
CLÉON
lo Je serai de retour, Seigneur, dans un moment.