‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 1 sur 147 · LES ORIGINES RELIGIEUSES ET HISTORIQUES · texte numérisé non relu

LES ORIGINES RELIGIEUSES ET HISTORIQUES

En tête de son Polyeuctey Corneille; toujours si empressé de faire connaître les sources où il a puisé, se. défend avec vivacité d'avoir écrit « une aventure de roman * ». Il eût cru profaner la sainteté de son sujet s'il rkvait embelli par des inventions nouvelles. Qu'a-t-il donc ajouté aux récits de Siméon Métaphraste, de Surius,de Mosander ? Rien ou presque rien : u le songe de Pauline , l'amour de Sévère, le baptême elTeclif de Polyeucte (qui, cbez les hagiographes, ne reçoit que le baptême du sang), le sacrifice pour la victoire de l'empereur, la dignité, de Félix (devenu gouverneur d'Arménie de simple commissaire impérial qu'il était), la mort de Néarque, la conversion de Félix, et de Pauline. » L'amour de Sévère ! N admire-t-on pas avec quelle modestie négligente ce mot significatif est jeté là, comme en passant, et semble perdu à dessein dans l'énumération des menus incidents qui sont de la façon de Corneille? Serait-on si discret aujourd'hui, et s'appliquerait-on avec tant de conscience à dissimuler son mérite original?

Tout occupé à prouver qu'il est resté fidèle à l'esprit de ses modèles, Corneille n'a pas même songé à se demander si ces modèles méritaient une égale confiance. Il semble ignorer, par exemple, que le témoignage deMétapbraste^ n'a qu'une valeur équivoque. Si ce personnage qui, au x« siècle, exerça des fonctions importantes, profitant des facilités que sa situation lui donnait pour recueillir les documents épars dans les archives

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