‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 11 sur 147 · W oyez Polyeucte, II, 6; V · texte numérisé non relu

W oyez Polyeucte, II, 6; V

Vous ne me devancez que d'un simple moment.

Qu a l'objet du péril votre âme ne s'étonne :

Ùieu du plus haut des deux vous tend une couronne

Heureuse Théopiste, admirez votre sort :

Vous allez au triomphe, et non pas à la mort.

— En effet, ces degrés sont des degrés de gloire.

J'approche du combat. — Dites de la victoire .

A.U contraire, après Polyeucte^ et comme si Corneille avait tileint du premier coup le but que s'était proposé du Ryer, K raiTiener la poésie à son ancienne institution ^ », les Saint Jacques, les Saint Jean-Baptiste, les Sainte Cécile, les Sainte Ursule pullulèrent. Les martyrs furent à la mode. Corneille lui-même éprouva la tentation imprudente de se répéter, et ne se répéta qu'en s'atïaiblissant. Voici une liste, encore fort incomplète, des essais que provoqua le succès de Polyeucte. Nous l'empruntons aux frères Parfaict, à l'abbé Delaporte, à M. Delavigne, à M. Person, en y joignant le résultat de quelques recherches personnelles.

4642. — ''Le Martyre de saint Eustache, de Desfontaine. La situation y est la même que dans le Saint Eustache de Baro. Loin de consentir à remercier les dieux de sa victoire, Eustache laisse éclater son mépris pour « ces dieux impuissants » qui ne disposent point du sort des batailles :

Vos Mars^ vos Jupiters, vos Jupins, vos Hercules,

Des esprits aveuglés fantômes ridicules, Ne sont que vils métaux et corps inanimés, Que la main des mortels et le fer ont formés. Mais Celui qui nous met en l'état où nous sommes Est l'arbitre des rois et le maître des hommes.

Le même Desfonlaine, rimeur médiocre, fit réprésenter en 1644 un Saint Alexis qui n'a de remarquable qu'une lointaine analogie avec Polyeucte (Olympie, femme d'Alexis, suit son mari dans la mort), et, en 1645, un Martyre de saint Genest, antérieur, mais bien inférieur aussi à celui de Rotrou. H Pamphilie, qui est véritablement aimée de l'acteur Genest, essaye de l'attendrir. C'est la grande scène entre Polyeucte et Pauline, reprise dans des circonstances analogues, mais avec des comédiens pour héros. Le souvenir des vers de Corneille semble poursuivre l'auteur et s'imposer presque d« vive force :

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