‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 112 sur 147 · FÉLIX, ALBIN · texte numérisé non relu

FÉLIX, ALBIN

Albin, comme est-il mort?

ALBm.

En brutal, en impie,

Vn. Var. Vous m'importnnez trop. Dieux ! que vieiis-je d'entendre î Je n'aime la pitié qu'au prix que j'en veux prendre. Par tant de vains efforts malgré moi m'en toucher, C'est perdre avec le temps des pleurs à me fâcher. Vous m'en avez donné; mais jo veux bien qu'on sache.... (i643-1655).

•78. Voltaire a raison, ce nous semble, de critiquer le peu de netteté et la trivialité de ce vers.

992. Avancer, c'est faire un pas en avant pour atteindre le but, par conséquent, faire des progrès, réussir.

993. Comme, pour comment y a survécu, en dépit de Vaugelas, qui, d'ailleurs, condamnait surtout comme pris interrogativement : « M. de Malherbe, observet-il, disait toujours comme, en quoi il li'est pas suivi, car il n'y a point de doute que, lorsqu'on interroge, ou qu'on se sert du verbe demander, il faut dire comment et non comme. » Malherbe a été plus suivi que ne le croit Vaugela».

Un cœur né pour régner sait mal comme on commande. {Pompée, 1197.) Brutal est ici pris substantivement, comme en ce vers à'Héracliua s

En bravanj les tourments, en dédaignant la vie, - Sans regret, sans murmure, et sans étonnement, Dans l'obstination et Tendurcissement, Comme un chrétien enfin, le blasphème à la bouche*

FÉLIX

Et l'autre?

Je l'ai dit déjà, rien ne le touche : Loin d'en être abattu, son cœur en est plus haut; On l'a violenté pour quitter l'échafaud. Il est dans la prison oti je l'ai vu conduire ; Mais vous êtes bien loin encor de le réduire.

FÉLIX

Que je suis malheureux!

ALBIN

Tout le monde vous plaint.

FÉLIX

On ne sait pas les maux dont mon cœur est atteint ; De pensers sur pensers mon âme est agitée, De soucis sur soucis elle est inquiétée ; Je sens l'amour, la haine, et la crainte et l'espoir, La joie et la douleur tour à tour l'émouvoir ; J'entre en des sentiments qui ne sont pas croyables :

Ce brutal espère Mieux qu'il ne trouve un fils, que je découvre un frère.

994. C'est aussi en bravant les tourments que meurt le Genest de Rotrou :

Mais ni les chevalets, ni les lames flambantes,

Ni les oncles de fer, ni les torches ardentes. N'ont contre ce rocher été qu'un doux zéphyr Et n'ont pu de son sein arracher un soupir.

Sa force en ce tourment a paru plus qu'humaine. (Saint Genest, V, 6.)

1005. Penser, autrefois pensé, n'est autre qu'un infiir.Lif pris su!)slantivement; c'est un pur hellénisme, mais qui semble avoir vieilli de bonne heure, car plusieurs des vers de Corneille oii fip^ure ce mot ont été retranchés par lui. Contrairement à l'assertion de M. Aimé Martin, M. Marty-Laveaux prouve que penser pour pensée n'est nullement de la création de Corneille. Dans sa Conformité au langage français avec le grec, Henri Eslienne avait remarqué le rapport des deux langues relativement à celte faculté de former des noms des infinitifs en y ajoutant l'article. Mais le français a le privilège que n'a pas le grec de pouvoir mettre au pluriel ces substantifs verbaux, comme des substantifs ordinaires. « Tous les marchers, toussers, mouchers, éternuers sont différents. » (Pascal.)

N'écoutons plus ce penser suborneur. (Cid, 337.) Mon cœur ne forme point de Tpenssj^ assez fermes. [Horace, 708.) Comme ils se conOaient leurs pensers et leurs soins. (La Fontaine, III 1.) Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques. (ANDn(5 Chénier.)

1008. « La joie. Ce mot ne découvre-t-il pas trop la bassesse de Félix? » (Voltaire.)

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