‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 124 sur 147 · POLYEUCTE, PAULINE, SÉVÈRE, FABIAN, GARDES · texte numérisé non relu

POLYEUCTE, PAULINE, SÉVÈRE, FABIAN, GARDES

PAULINE

Mais quel dessein en ce lieu vous amène. Sévère ? aurait-on cru qu'un cœur si généreux Pût venir jusqu'ici hraver un malheureux?

Vous traitez mal, Pauline, un si rare mérite 1295 A ma seule prière il rend cette visite.

Je vous ai fait, Seigneur, une incivifité, Que vous pardonnerez à ma captivité.

1200. Aux T. 395 , 1014- et 1279, on a vu des exemples du pronom ainsi construit.

1291. « Voilà ces admirables dialogues à la majiière de Coraeille, où la franchise de la répartie, la rapidité du tour et la hauteur des sentiments ne manquent jamais de ravir le spectateur. Que Polyeucte est sublime dans cette scène ! Quelle grandeur d'âme ! Quel divin enthousiasme! Quelle dignité ! La çravité et la noblesse du caractère chiétien sont marquées jusque dans ces oous, opposés aux tu de la fille de Félix : cola senl met déjà tout un monde entre le martyr Polyeucte et la païenne Pauline. » (Chatea^ubhiand.)

1293. Var. Sévère, est-ce le fait d*un homme généreux

De venir jusqu'ici bravor un malheureux? (1643-1666.)

1297. Incivilité semble peu tragique; nous avons pourtant vu déjà au v. 53(ï la mot civilité employé dans le lanara*'" i<' trajrédie-

POLYEUGTE

Possesseur d'un trésor dont je n'étais pas digne,

Souffrez avant ma mort que je vous le résigne, 1300

Et laisse la vertu la plus rare à nos yeux

Qu'une femme jamais pût recevoir des cieux

Aux mains du plus vaillant et du plus honnête homme

Qu'ait adoré la terre et qu'ait vu naître Rome.

Vous êtes digne d'elle, elle est digne de vous; 1305

Ne la refusez pas de la main d'un époux :

S'il vous a désunis, sa mort va vous rejoindre.

Qu'un feu jadis si beau n'en devienne pas moindre :

Rendez-lui votre cœur et recevez sa foi ;

Vivez heureux ensemble, et mourez comnie moi; 1310

C'est le bien qu'à tous deux Polyeuct^ désire.

Qu'on me mène à la mort, je n'ai plus rien à dire. A.llons, gardes, c'est fait.

Page 1