‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 125 sur 147 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

SÉVÈRE, PAULINE, FABIÀN.

SÉVÈRE

Dans mon étonnement.

Je suis confus pour lui de son aveuglement; Sa résolution a si peu de pareilles, 1315 Qu'à peine je me fie encore à mes oreilles. . Un cœur qui vous chérit (mais quel cœur assez bas Aurait pu vous connaître, et ne vous chérir pas?), Un homme aimé de vous, sitôt qu'il voiis possède, Sans regret il vous quitte ; il fait plus, il vous cède ; 1320 Et, comme si vos feux étaient un don fatal, Il en fait un présent lui-même à son rival!

1300. Que je vous le résigne, que j'y renonce en vous l'abandonnant.

1303. Sur le sens de l'expression honnête homme, voyez la note âu v. 18Î.

1306. u Cette étrange idée de prier Sévère de venir pour lui céder sa feninio ne serait pas toiérable en toute autre occasion : on ne peut l'approuver que dans un chrétien qui n'aime que le martyre ; mais cela produit de très g^randes beautés dans la scène suivante. » (Voltaire.)

1313. « Cette résignation de Polyeucte fait naître une des plus belles scènes qui soient au théâtre. » (Voltaire.)

1320. Jl semble de trop, puisque le sujet, un homme aimé de vous, est exprimé dans le vers précédent ; mais on peut redoubler le sujet quand on veut donner plus de force à l'affirmation. Un homme aimé de vous peut d'ailleurs être regardé comme une sorte de proposition absolue ou exclamative: Eh quoi! un homme csl aimé de vous et il vous quitte!

1321. Vos feux, votre aimour; Sévère emploie trop les expressions convenue*

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