‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 15 sur 147 · Saint Genest, IH · texte numérisé non relu

Saint Genest, IH

2. Voyez ces stances à la scène ii, de l'acte IV. On trouvera dans les notes beaucoup d'autres rapprochements de détail

temps que d'admiration etsde pitié. Le deuxième acte semble un composé de Polyeucte et de YImpromptu de Yerscdlles. (le 'même Genest, qui donne des leçons de goût au décorateur et de sincérité à une actrice coquette, va, peu d'instants après, être frappé d'un coup de la grâce ; une voix d'en haut va lui crier, aJors qu'il jouera le rôle du martyr !A.drien :

Poursuis, Genest, ton personnage :

Tu n'imiteras point en vain*.

Pénétrés d*un profond sentiment religieux, les actes II et III s'achèvent pourtant par une double visite de la cour aux comédiens : du palais de Maximin ou de Dioctétien nous sommes transportés sur la scène de l'hôtel de Bourgogne, où les petits marquis, trop empressés autour des actrices, troublent l'ordre de la représentation. Quelle situation plus pathétique que celle du quatrième acte, alorî^ que Genest, las de parler pour un autre, découvre ses vrais sentiments? Quelle plus ferme et plus fière déclaration d'une foi persécutée, qui brave en face ses persécuteurs?

Je ne crains point la mort qui conduit à la vie 2.

Dioclétien s'irrite, les comédiens, dont Genest est l'unique soutien, se désespèrent; mais, au milieu de leur terreur et de leui's larmes, voici que luit tout à coup un sourire. On les interroge ; avec une « franchise ingénue » ils répondent : amoureuses et matamores, traîtres et pédants, touchants et risibles à la fois dans leur effarement, tous sont là, depuis l'acteur qui joue « parfois les roi^ et parfois les esclaves » jusqu'à xelui qui, modérément, représente « les assistants ». Genest n'en est pas moins conduit au supplice ; lui qui jouait autrefois les martyrs, il est martyr à son tour, mais de son sang versé d'autres martyrs surgiront. Lui-même, Dioclétien, est contraint d'avouer son impuissance :

Je vois du sang d'un seul naître des légions*.

S'il est vrai que Polyeucte et Saint Genest soient « les deux seules tragédies sacrées qui puissent passer, avec toutes les différences, pour des échantillons et des abrégés perfectionnés du genre des mystères * » on ne comprend guère que Boileau ait écrit :

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