‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 47 sur 147 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

POLYEUGTE, NÉABQUE, PAULINE, STRATONICB*

Fuyons, puisqu'il le faut. Adieu, Pauline, adieu: ' Dans une heure au plus tard je reviens en ce lieu.

PAULINE

Quel sujet si pressant à sortir vous convie? Y va-t-il de l'honneur? y va-t-il de la vie?

11 y va de bien plus.

Quel est donc cê secret ?

Vous le saurez un jour : je vous quitte à regret; Mais enfin il le faut.

PAULINE

Vous m'aimez?

Je VOUS aime,

Le ciel m'en est témoin, cent fois plus que moi-même ; : Mais...

PAULINE

Mais mon déplaisir ne vous peut émouvoir I 115 Vous avez des secrets que je ne puis savoir ! Quelle preuve d'amour ! Au nom de l'hyménée, Donnez à mes soupirs cette seule journée.

!09. Convier à, inviter, engager à, Corneille disait également convier quel» Çk 'in à et en convier quelqu'un :

Va marcher sur leurs pas où l'honnenr te convie. (Cinna, 273.) Soyons amis, Cinna, c'est moi qui t'en convie. {îoid. 1701.)

|S3. 72 y ya de ma gloire : il faut que je me venge. [Cid, 842.) // y va de la perte ou du salut du reste. /florace, 1491.)

113. « Voilà trois fois de suite il le faut. Cette inadvertance n'ôte rien à Tintéiêt, qui commence à naître dès la première scène, et quoique le style soit souvent négligé, il est toujours au-dessus de son siècle. » ( Voltaire.) • 114. Ce cri sincère échappera encore à Polyeucte dans la scène de la prison (v. 1280); mais, dans rintervalle, l'amour divin aura grandi à côté et au-dessus de l'amour humain.

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