FÉLIX, ALBIN, PAULINE, STRATONICE
FÉLIX
Ma fille, que Ion songe 265 En d'étranges frayeurs ainsi que toi me plonge !
(carmen) d'enchantement, prestige magique, vertu surnaturelle. La Médée de Corneille dit, en de bien mauvais vers :
J'ai seule par mes charmes
Mis au joug les taureaux et défait les gens d'armes. (Médée, II, 2.) Il se tait, et ces mots semblent être des charmes. {Horace, 819.)
255. Je crains les charmes et que ; cette construction qui donne à un même ▼crbe des régimes de nature différente est familière à Corneille :
Je le sais, ma princesse, et qu'il vous fait la cour. {Nicoméde, 18.)
Ramassé sur, se réunissant pour s'attaquer à. ^ 257. Ce mot de sacrilège reviendra au v. 784, et ce sera encore Stratonice qui le prononcera. Déjà commence à se dessiner l'étroit fanatisme de ce caractère. Voyez l'Introduction. — « On confondait, dans l'origine, les chrétiens avec les juifs; plus lardon les confondit avec les devins elles sorciers. Quelques-unes de leurs pratiques paraissaient semblables eii effet aux scènes nocturnes des magiciennes, et la société élégante et polie de Rome les associait sans peine à ces mages, à ces disciples de la cabbale qui prédisaient l'avenir, affirmaient la destinée et défiaient le sort contraire par leurs mystérieuses conjurations. La manière dont Suétone, Tacite et Pline parlent des chrétiens le montrait déjà ; l'archéologie le confirme. Les représentations symboliques qu'ils employaient — comme la figure du poisson représentant le Christ, comme les pains, la coupe de vin et autres sigpes, expliqués aujourd'hui — prouvent que Corneille ne se trompait jpas en mettant ces paroles dans la bouche de Stratonice. » (ÛEsjARDiMf, le Grand Corneille historien.)