‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 63 sur 147 · Remarquez dans suivi d'un nom abstrait · texte numérisé non relu

Remarquez dans suivi d'un nom abstrait

Tremble dans ton amour, tremble dans ta fureur. {Eéraclius, 1410.)

M. Godefroy, dans son Lexique, rappelle les vers de Thomas Corneille :

Dans ce que d'un mouiaut le fiel nous fait entendre.

C'est trop que d'accuser, songez à vous défendre. {Maxim., v, b.)

348. Je ne m'assure pas de, c'est-à-dire je ne compte pas sur, jé ne suis pa» lâre de ma vertu; vertu a plutôt ici le sens latin de force que ce\m d honnêteté .

Je ne le \eiiai point.

FÉLIXn

Il faut le voir, ma fille, Ou tu trahis ton père et toute ta famille. - 350

PAULINE

C'est à moi d'obéir, puisque vous commandez; Mais voyez les périls où vous' me hasardez.

FÉLIX

Ta vertu m'est connue.

PAULINE

Elle vaincra sans doute; Ce n'est pas le succès que mon âme redoute : Je crains ce dur combat et ces troubles puissants 35^ Que fait déjà chez moi la révolte des sens ; Mais, puisqu'il faut combattre un ennemi que j'aime, Souffrez que je me puisse armer contre moi-même,

Var. Je ne me réponds pas de toute ma vertu. (1643-1660.)

« Cela contredit ce bel hémistiche : « Elle vaincra sans doute ». Il n'est point du tout convenable qu'une femme dise : Je ne réponds pas de ma vertu ; mais qu'elle le dise après quinze jours de mariage, cela paraît bien peu décent. » (Voltaire.) — « Pauline ne se fait pas l'injure de douter de sa vertu. Elle craint les combats auxquels elle va s'exposer, et cette crainte d'une femme honnête est un sentiment respectable. Ce qu'elle craint, c'est ce dur combat et ces troubles puissants que la femme la plus vertueuse éprouve lorsqu'il s'agit de combattre un eiinemi qui lui est cher et de s'armer en quelque sorte contre elle-même. » (Palissot.) — « Voilà les cœurs honnêtes et braves, qui savent le danger et qui savent aussi y résister, non en l'oubliant, mais en s'armant de la force que donne l'idée du devoir ». (Saint-Marc Girardin, Cours de littérature dramatique^ IV, 66.)

352. Vaugelas jugeait, avec raison, « élégant et commode » l'emploi de l'adverbe où pour le pronom relatif, et nous regrettons qu'on préfère aujourd'hui à ce mot si court et si vif la lourde tournure auxquels, dans lesquels. — Les périls où vous me hasardez, auxquels vous m'exposez. Hasard, moins faible qu'aujourd'hui, avait le sens de péril ; voyez le v. 665. Hasarder signifiait donc exposer au péril :

Cinna n'est pas perdu pour être hasardé. {Ci.ina, 127.) L'exemple est dangereux, et hasarde nos vies. {Nicomède,

354. Succès se disait alors de tout résultat bon ou mauvais, comme succéder lignifiait réussir bien ou mal :

J'en ai vu les premiers, et me souviens encor

Des malheureux succès du grand roi Nicanor. {Rodogune, 26.)

« Le funeste succès n'a que trop justifié nos discours. » (M"* nn Sévicné. Î5 août 1679.) — « J'en veux voir le succès, » s'écrie Alceste qui perd son procès de paieté de cœur. Aujourd'hui, quand succès est employé absolument, il esl toujours pris dans un sens favorable.

3")6. Var. Que fait déjà chez moi la révolte des sens. (1648-1654.) Qui font déjà chez moi la.révolte des sens. (1655.)

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