‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 80 sur 147 · POLYEUCTE, NÉARQUE, STRATONICE, PAULINE · texte numérisé non relu

POLYEUCTE, NÉARQUE, STRATONICE, PAULINE

C'est trop verser de pleurs : il est temps qu'ils tarissent, Que votre douleur cesse et vos craintes finissent; Malgré les faux avis par vos dieux envoyés, 595 Je suis vivant, Madame, et vous me revoyez.

PAULINE

Le jour est encor long, et, ce qui plus m'effraie, La moitié de l'avis se trouve déjà vraie : J'ai cru Sévère mort, et je le vois ici.

POLYEUGTE.

Je le sais; mais enfin j'en prends peu de souci. , 600 Je suis dans Mélitène, et, quel que soit Sévère, Votre père y commande, et l'on m'y considère; Et je ne pense pas qu'on puisse avec raison D'un cœur tel que le sien craindre une trahison :

589. Soit cette croyance ou fausse ou véritable, pour : que cette croyance soit fausse ou qu'elle soit vraie. Il ne faudrait pas prendre 'sozï pour un adverbe; c'est le subjonctif du verbe être devant lequel que est sous-entendu, comme oq le fait souvent aux xvi" et xvii* simples dans les formules de souhait.

592. On attendait plutôt il venait, puisque Sévère a trouvé Pauline mariée, mais l'indicatif présent est entraîné par les deux indicatifs présents qui précèdent.

593. Polyeucte se méprend : il attribue aux craintes qu'a inspirées à Pauline le songe raconté dans le premier acte les larmes qu'arrache à sa femme le souvenir de Sévère.

594. Remarquez cotte tournure, et l'omission de que dans un membre de phrase où nous le répéterions aujourd'hui.

595. « Il faut sous-entendre : que vous croyez envoyés; car Polyeucte, chrétien, ne doit pas croire que les dieux des Romains envoient des Songes ». (Voltaire.) « Polyeucte, chrétien, peut le croire, car les chrétiens regardaient les dieux des païens comme des démons qui pouvaient envoyer des songes et opérer d'autres prestiges. » (Palissot.)

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