‹ Polyeucte; tragédie, avec une introduction, des éclaircissements et des notesChapitre 92 sur 147 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

PAULINE

Que de soucis flottants, que de confus nuages

Présentent à mes yeux d'inconstantes images I

Douce tranquillité, que je n'ose espérer,

Que ton divin rayon tarde à les éclairer !

Mille agitations, que mes troubles produisent, 723

Dans mon cœur ébranlé tour à tour se diétruisent;

Aucun espoir n'y coule où j'ose persister,

Aucun effroi n'y règne où j'ose m'arrêter.

Mon esprit, embrassant tout ce qu'il s'imagine,

Voit tantôt mon bonheur, et tantôt ma ruine, 730

Et suit leur vaine idée avec si peu d'effet,

Qu'il ne peut espérer ni craindre tout à fait.

Sévère incessamment brouille ma fantaisie :

J'espère en sa vertu, je crains sa jalousie ;

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