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Polyglot reader, and guide for translation

" Il serait à souhaiter que l'on composât, exprès pour les commençants et les étrangers, une méthode claire, précise et facile, qui ne renfermât que les règles et les exemples les plus nécessaires." (RoUin.)

"Nous implorons les secours d'une main habile et "bienveillante, pour la réforme de la grammaire et des livres élémentaires qu'on met entre les mains des écoliers. Cest une pitié que de les voir se morfondre à apprendre par cœur des théories, des définitions, des règles qu'il leur est impossible de comprendre." (Miss Edgeworth.)

" Figurez-vous cet enfant dont les progrès vous sont chers, tantôt cloué sur une syntaxe inintelligible, tantôt égaré dans les détours d'un lugubre dictionnaire, où il ne trouve point ce qu'il cherche, et où ce qu'il trouve le remplit de perplexités. S'il veut en faire l'application à sa matière, il y a tant de procédés à observer, tant de dangers à éviter, qu'il ne sait où il en est. Le choix du verbe, la voix, le mode, le temps, le nombre, la personne, tout cela débrouillé, il ne tient qu'un mot. Nouvelles méditations sur le suivant. Le pauvre enfant ne voit que des précipices, et, en se détournant de l'un, il donne tète baissée dans un autre." ÇPluehe,)

" De tous les exercises que l'usage a autorisés, il n'y en a peut-être point qui fasse moins d'honneur à l'esprit humain que celui-là ... La voie des thèmes pour commencer était si désapprouvée que l'Université n'indique pas une seule méthode qui y ait rapport : et il n'est pas concevable comment cet usage a pu continuer, n'étant surtout fondé que sur une infinité de règles fausses, réfutées par les plus célèbres grammairiens." (ChomprV)

" Les enfants sauraient faire des définitions comme Âristote, et des analyses comme Locke et Condillac, qu'ils n'en seraient pas plus habiles pour cela ; ils seraient, comme bien des hommes, savants en spéculation, et non aavants en réalité. Toute science, tout art^iÄ ^«aos&snk *^^«\»^§«^-

iv PREFACE.

que. Vouloir enseigner aux enfants la langue par la grammaire, c'est vouloir leur enseigner la vertu par la théorie de la morale, et à marcher par les lois de l'équilibre. Sur tous les points, leurs mères nourrices leur feraient faire certainement plus de progrès que tous les professeurs des académies. L'âme, comme le corps, ne se développe que par l'expérience. E faut commencer l'étude de la langue par la pratique même de la langue : la théorie n'en appartient qu'aux docteurs. C'est donc parce qu'ils ne renferment que des idées abstraites, que les rudiments et les traités de gram • maire ne conviennent point aux enfants. Pour former leur langage, il faut leur montrer d'abord des modèles de toutes les façons de parler, de tous les genres d'élocution et de style. On leur en développera ensuite le mécanisme ; il sera facile alors de les exercer à rendre d'une manière simple et correcte ce qu'ils ont vu et pensé." (Bernardin de St Pierre.')

Depuis l'époque où les réflexions qui précèdent ont été écrites, l'enseignement des langues, et surtout celui des langues modernes, a fait, nous le savons, de grands progrès ; mais l'abus qu'elles signalent n'a pas disparu assez complètement pour leur ôter tout à propos. Le système qui a fait de la grammaire la base de l'étude des langues, a dû sa naissance au latin longtemps après la renaissance des lettres : c'est vers le milieu du dix- septième siècle qu'il prévalut, et sa prédominence nuisit singulièrement à la connaissance pratique de l'idiome qui cessa désormais d'être parlé et employé comme langue vivante parmi les lettrés. Le premier mode d'enseignement des langues modernes se forma sur un plan analogue. Les grammairiens modernes, trouvant dans la grammaire latine une classification et une nomenclature . toutes faites, les adoptèrent sans s'inquiéter si les formes de leur propre langue correspondaient toujours parfaitement avec celles du latin. En subordonnant ainsi les faits au système, au lieu de subordonner le système aux faits, ils confondirent tous les principes de la science grammaticale, et leurs livres mirent de nouvelles entraves aux progrès des élèves déjà si sérieuse« ment compromis par le mode même d'instruction. En effet, savoir la grammaire, c'est savoir si un mot est nom, adjectif, pronom ou verbe ; c'est avoir passé en revue les mille-et-une subdivisions de ce qu'on appelle les parties du discours ; c'est être capable de dire les propriétés de chaque mot, ses accidents, ses modifications, etc. etc. Or, tout cela peut être fort utile comme science ; mais à coup sûr cela ne mene pas le moins du monde vers le

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