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UN PARVENU DE DIX-SEPT CENT DOUZE

Ainsi le caractère du squire anglais du dix- septième siècle se composait de deux éléments qu'on n'est pas habitué à trouver réunis. Son ignorance et sa grossièreté, ses goûts vulgaires, et son langage plus vulgaire encore, seraient, de nos jours, considérés comme indiquant une nature et une éducation complètement plébéiennes; cependant il était essentiellement patricien, et avait, à un haut degré, les vertus aussi bien que les vices qui fleurissent parmi les hommes placés par leur naissance dans une haute position, et accoutumés à l'autorité^ aux égards des autres et au respect de soi-même. Il n'est pas facile pour une génération accoutumée à ne trouver des sentiments chevaleresques qu'en compagnie d'études libérales et de manières polies, de se figurer un homme avec les allures, le vocabulaire et l'accent d'un charretier ; pointilleux cependant en matière de généalogie et de préséance, et prêt à risquer sa vie plutôt que de voir une tache ternir l'honneur de sa maison. Toutefois c'est uniquement en joignant ensemble des choses qu'on ne trouve que rarement, sinon jamais, réunies dans la société dont nous avons l'expérience, que nous pouvons nous former une idée juste de cette aristocratie campagnarde qui constitua la principale force des armées de Charles 1er, et qui soutint si longtemps avec une singulière fidélité les intérêts de ses descendants. T. B. Macaulay.

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