‹ Polyglot reader, and guide for translationChapitre 145 sur 164 · CIL— LE VOYAGEUR ASSASSINÉ · texte numérisé non relu

CIL— LE VOYAGEUR ASSASSINÉ

Quand le printemps ramena les fleurs et la joie aux bois et aux plaines d'alentour, on trouva les os du voyageur assassiné tout au fond d'un étroit vallon.

L'odoriférant bouleau suspendait au-dessus de lui dans le ciel ses touffes argentées, et mille fleurs printannières poussaient et se balançaient insouciantes tout auprès.

Le rouge-gorge gazouillait, tout en construisant son nid dans les branchages, et la perdrix conduisait sans crainte ses petits près de la place fatale.

Mais bien loin on pleurait le voyageur ; de beaux yeux au milieu des anxiétés d'une longue attente s'attristaient et se remplissaient de larmes à sa pensée.

Ils ne se doutaient guères, ceux qui l'aimaient ainsi, de la mort cruelle qui l'avait frappé, tandis qu'il appelait en vain sur la neige déserte, sans armes et sans secours ;

Ni comment, lorsque l'aurore boréale rougissait autour du pôle glace, le loup de la montagne et le chat sauvage étaient accourus pour se repaître de la chair du cadavre ;

Ni comment, lorsque des étrangers trouvèrent ses os, ils lui firent à la hâte un cercueil et marquèrent sa tombe d'une pierre sans tío m que n'arrosa point une larme.

Mais longtemps on attendit, on craignit, on pleura dans sa demeure lointaine ; et l'on rêvait, et pendant un sommeil trompeur, on tressaillait de joie en le voyant revenir.

On attendit longtemps ainsi, mais jamais on ne vit son re* tour ; jamais on ne sut non plus la mort cruelle qu'il avait rencontrée là-bas au fond de l'étroit vallon.

W. C. Bryant.

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