XV.-OTRATAGL'ME
Lafontaine avait l'habitude de manger tous les soirs une pomme grillée. Un jour, on l'appela et il mit la pomme sur la cheminée. Pendant son absence, un de ses amis entra dans la chambre, vit la pomme et la mangea. Lafontaine de retour, ne trouvant plus le fruit, devina ce qui s'était passé, et s'écria en affectant une grande émotion : " Que peut être devenue la pomme que j'ai laissée ici?" "Je n'en sais rien," dit l'autre. " J'en suis enchanté, car j'y ai mis do l'arsenic pour tuer les rats." " Grand dieu ! Je suis empoisonné," reprit le visiteur, dans la plus grande alarme ; " vito, envoyez chercher un docteur." "Mon cher," dit Lafontaine, "calmez- vous ; maintenant je me rappelle que j'ai oublié d'en mettre : toutefois, je suis fâché qu'il ait fallu un monsoiige pour découvrir la vérité." . — ~""v'
XVL— LA LOI DU IALION.
Un couvreur Turc, étant à l'ouvrago sur le toit d'une maison, tomba dans la rue sur un riche vieillard, qu'il tua, sans se faire grand mal à lui-même. Le fils du défunt le fit arrêter et conduire devant le Cadi, auprès duquel ¡1 employa toute soninflu- ; fence pour faire condamner le pauvre homme : bien que l'inj¿> nocence de ce dernier fût clairement établie, rien ne pouvait K" le satisfaire, sinon la loi du talion. Lo Cadi condamna, en conséquence, le couvreur à se mettre exactement à la même place oii se trouvait le vieillard au momen i de l'accident — "et vous," dit-il au fils, " allez sur le toit de la maison, tombez sur le couvreur, et tuez-le, si vous pouvez."